Bruxelles, 22/09/2008 (Agence Europe) - Mariann Fischer Boel, la commissaire à l'Agriculture, a critiqué dimanche 21 septembre, à Annecy, la suggestion émise dans certaines capitales (Paris, Helsinki, Luxembourg) de créer des stocks de sécurité dans l'UE pour garantir l'approvisionnement en certaines denrées agricoles de base. Cette idée est critiquée aussi par les ministères de l'Agriculture britannique, danois et suédois.
« Dans la mesure où la France est le pays hôte de cette réunion informelle, je me dois de rester très polie », a commenté la commissaire au sujet de ces stocks agricoles pour freiner la volatilité des cours, après la flambée récente des matières premières. Elle a ironisé: « Je ne suis pas désespérément en faveur de cette idée ».
« J'ai vu les gros problèmes que cela cause lorsque les responsables politiques pensent qu'ils peuvent mieux gérer l'agriculture que les exploitants et les opérateurs du secteur du négoce. Alors non, je considère qu'il ne s'agit pas du tout d'une bonne idée », a fait valoir la commissaire à l'Agriculture.
L'idée de doter l'Union européenne de stocks de sécurité de matières premières agricoles a été régulièrement avancée depuis la flambée des cours à l'automne 2007. Le ministre français de l'Agriculture, Michel Barnier, n'a pas expressément demandé la création de stocks de sécurité, mais il a demandé en revanche avec vigueur le maintien du mécanisme existant de stocks « d'intervention » face à la volatilité des cours. « Je crois que ce serait une faute dans le monde instable et volatil où nous sommes, s'agissant des prix, avec des phénomènes spéculatifs nouveaux, et parce qu'il s'agit de l'alimentation, de renoncer à ces outils de régulation ou d'intervention », a-t-il dit dans une interview accordée à l'AFP à Annecy. Sur ce dossier, une majorité de ministres européens de l'Agriculture demandent de conserver certains outils de régulation de marché. Pour rappel, dans ses propositions sur le « bilan de santé » de la politique agricole commune (PAC), la Commission suggère de: - supprimer l'intervention pour le blé dur, le riz et la viande de porc ; - fixer à zéro l'intervention pour les céréales fourragères ; - créer un système d'adjudication pour le blé tendre, le beurre et le lait écrémé en poudre. (L.C.)