La croissance du marché mondial du numérique s'essouffle, d'après une étude de l'Idate - En 2007, le marché mondial du numérique (DigiWorld) a atteint 2 750 milliards d'euros, en progression de 5,8% par rapport à 2006, souligne le dernier rapport de l'Institut de l'audiovisuel et des télécommunications en Europe (Idate). Cette progression traduit un certain tassement par rapport à la dynamique des années précédentes mais la croissance du PIB mondial ayant elle-même sensiblement ralenti, les TIC (technologies de l'information et des communications) retrouvent finalement un rythme supérieur d'un demi-point à l'évolution de l'économie générale. Globalement, le poids des activités numériques dans l'économie mondiale représente 7,3% du PIB, les services télécoms arrivant en tête avec 2,7% en 2007 pour 1 004 milliards d'euros, suivis de loin par les logiciels et services informatiques (1,8% pour 660 milliards). L'an prochain, les prévisions estiment que l'ensemble des marchés devraient franchir pour la première fois la barre des 3 000 milliards d'euros de chiffre d'affaires, à 3 030 milliards. Il est cependant trop tôt pour y voir le signe d'un raffermissement durable du DigiWorld, d'autant plus que les risques de dégradation de la conjoncture économique mondiale ne devraient pas rester sans effet sur ces secteurs, souligne Idate. Le secteur des services numériques (logiciels informatiques, programmes et contenus pour la télévision, la téléphonie et l'Internet) a drainé l'essentiel des revenus en 2007, précise encore le rapport. En revanche, la progression des équipements (ordinateurs, terminaux téléphoniques, baladeurs, électronique grand public, etc.) a ralenti sous la pression tarifaire. En attendant les prochains « 4G » ou « Wimax » (débits proches de l'ADSL), la téléphonie mobile n'est plus « le » secteur de la croissance: +2% seulement dans la plupart des pays européens saturés. Par région, si l'Europe et l'Amérique du Nord concentrent encore l'essentiel du marché du Digiworld en 2007, elles perdent néanmoins 0,9 point par rapport à l'année précédente. En ajoutant le Japon et la Corée du Sud ainsi que les marchés des quelques autres économies avancées de la région Pacifique (Australie, Nouvelle-Zélande), l'ensemble représente toujours plus des trois-quarts du marché mondial en valeur mais perd 1,2 point dans l'année. Entre les régions, Idate constate des écarts de croissance importants, allant de 3,7% pour l'Europe à 12% pour l'Amérique latine et Afrique/Moyen-Orient, en passant par 5,1% pour l'Amérique du Nord et 6,7% pour toute la région Asie/Pacifique. Ces progressions moyennes peuvent receler elles-mêmes des différences importantes entre pays d'une même région ainsi qu'entre segments d'activités. L'Europe, plus particulièrement, est la région la plus en retrait avec un niveau de croissance qui se situe derrière les autres régions, y compris l'Amérique du Nord. Le Vieux continent a ainsi perdu 1,7 point en termes de poids entre 2004 et 2007. En Asie/Pacifique par ailleurs, les marchés avancés (Japon, Corée du Sud, Australie, Nouvelle-Zélande) ont vu leur poids au sein des marchés TIC de la région tomber de 56% à 50% au cours des trois dernières années. Le contraste est frappant entre leur dynamique, qui ne dépasse pas 3% par an, et celle des pays émergents de la région, menés par la Chine et l'Inde, aux alentours de 10% par an. En termes de contribution à la croissance, le poids de chaque grande région est toutefois plus équilibré. Si les pays émergents d'Asie assurent un quart de la croissance mondiale et les autres régions émergentes environ 20%, l'Europe et l'Amérique du Nord concentrent toujours ensemble 64% du marché en valeur, à savoir 1 749 milliards d'euros.