Bruxelles, 02/06/2008 (Agence Europe) - Le Parlement européen examinera, jeudi 5 juin en session plénière à Bruxelles, une résolution sur le projet d'Union pour la Méditerranée. Cette résolution formalisera son avis en prévision du « Sommet » du 13 juillet à Paris. Le projet est basé sur l'analyse de la communication au Conseil du 20 mai et précède l'examen auquel procédera le prochain Conseil européen de la mi-juin. Les principaux groupes ont proposé des textes assez proches. Une proposition de position commune, arrêtée lors d'une concertation en fin de semaine dernière, en résume l'ensemble. Mais l'accord ne sera scellé que la veille de la mini-session à Bruxelles.
On en retient principalement la satisfaction de voir aussi bien la Commission que les États membres rappeler l'importance de la dimension parlementaire. Les parlementaires suggèrent que l'APEM (Assemblée parlementaire EuroMed) soit désignée comme institution unique pour couvrir cette dimension. Dans l'ensemble, la position commune reprend l'attitude consensuelle européenne sur l'analyse des acquis du processus de Barcelone et sur l'approche, prudente, avec laquelle il faudra aborder la phase nouvelle de l'Union pour la Méditerranée (parfaire la gouvernance du processus, notamment grâce à la création - approuvée dans le projet de résolution, d'un comité conjoint - besoin de structures légères, financement adéquat).
Globalement, les députés applaudissent sans réserve la position exprimée le 20 mai par la Commission. Un seul point mérite toutefois une attention particulière et une clarification que la session apportera probablement: la question des coprésidences. Si le point de vue de la Commission pour une coprésidence, côté rive sud, est conforté (besoin d'une désignation par consensus et obligation que le candidat vienne d'un pays apte à accueillir tous les partenaires, allusion à Israël), les groupes du PE ont défait le lien directement établi par la Commission entre la désignation d'un coprésident européen et les dispositions du Traité de Lisbonne (pour un mandat tournant de 6 mois ou pour une période de 2 ans comme envisagé par la France, initiatrice du projet). Les Verts, qui avaient repris cette obligation dans leur proposition initiale, se sont rangés au point de vue commun. Selon nos sources, le PPE ne voulait pas que le point soit scellé à ce stade. Une référence est certes faite au Traité de Lisbonne dans un des alinéas, mais le lien demeure équivoque, laissant ainsi à la session plénière, sinon aux chefs d'État et de gouvernement, la faculté d'en débattre et de trancher.
Le groupe PPE insiste dans un amendement, pour que le secrétariat ait la faculté de renforcer la visibilité du processus. Les Verts insistent pour que le pays de la coprésidence et celui devant accueillir le secrétariat (Tunis et Rabat sont candidats) soient considérés comme acceptables du point de vue du respect des droits de l'Homme. Une attitude paraissant plaider pour le 3ème candidat, à savoir Malte, sinon Bruxelles. Le PPE, comme le PSE et l'ALDE, insistent sur le besoin de favoriser les pratiques démocratiques dans la région. Les groupes ALDE et PSE souhaitent que des « Sommets » soient organisés tous les 2 ans. Les socialistes sont seuls à appeler, dans un amendement, à la création d'une banque de développement régionale. (F.B.)