Bruxelles, 15/05/2008 (Agence Europe) - Oceana, l'organisation internationale de protection des océans, a présenté, mercredi 14 mai à Bruxelles, de nouvelles preuves de l'utilisation en Méditerranée, par des navires italiens et français, de filets de pêche interdits depuis six années par la législation communautaire.
L'utilisation de filets dérivants pour capturer de grandes espèces pélagiques est illégale, car elle menace la protection de nombreux cétacés, tortues de mer et requins, explique Oceana, dans le rapport présenté sur les activités illicites des pêcheurs italiens en Méditerranée. Après avoir sillonné les mers à la recherche des navires pirates, les experts d'Ocena ont estimé que plus de 137 navires italiens continuent de pêcher à l'aide des filets maillants dérivants, après avoir reçu pourtant des aides pour changer leurs méthodes de pêche. Selon les auteurs du rapport, les navires identifiés (et photographiés) ont reçu au total 900 000 euros d'aides pour changer de filets. Le rapport contient des recommandations: - mise en œuvre d'un système efficace de contrôle dans les ports ; - le retrait des licences de pêche des navires utilisant ces filets maillants dérivants ; - l'autorisation à bord du navire d'un seul type de filet à la fois ; - la suppression du décret ministériel italien de mai 2006 qui autorise l'utilisation du ferrettara avec une taille de maille de 18cm dans la zone côtière des 10 miles. ; - une interdiction des importations d'espadons marocains capturés à l'aide des filets dérivants (une fois que l'interdiction, au Maroc, de ce filet, sera effective).
Oceana s'en prend aussi aux 92 navires français identifiés qui pêchent le thon rouge à l'aide de la thonaille, un filet que la Commission européenne veut interdire car il s'apparente aux filets maillants dérivants interdits par l'UE en 2002. La France conteste cette analyse, et lutte pour que cette pratique de pêche artisanale subsiste le plus longtemps possible (la Commission a traduit la France devant la Cour européenne de justice dans cette affaire). Oceana estime que les dérogations accordées pour pêcher à la thonaille ne sont pas justifiées. L'organisation demande la reconversion de tous les navires impliqués dans cette pratique de pêche et la confiscation de ces filets. (L.C.)