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Bulletin Quotidien Europe N° 9661
JOURNEE POLITIQUE / (eu) pe/euromed

Déclaration du groupe PSE sur l'avenir des relations euroméditerranéennes

Bruxelles, 15/05/2008 (Agence Europe) - Le Parti socialiste européen (PSE) du Parlement européen a appelé, mercredi 14 mai, à une « réelle relance de la coopération entre les deux rives de la Méditerranée ». Ce groupe souligne quatre exigences: - « la rupture avec la vision sécuritaire dans la gestion des problématiques communes telles que la question migratoire » ; - « l'abandon des stratégies de stabilisation à courte vue à travers l'affirmation d'un engagement visible et ferme en faveur de la démocratie et des droits de l'homme » (en clair ne plus prendre prétexte du besoin de stabilité pour se taire face aux violations persistantes dans la totalité des pays de la rive sud) ; - « la création d'un espace euroméditerranéen intégré à l'économie mondiale » ; - « l'approfondissement de la réflexion sur les futures structures communes à créer pour un cadre de dialogue accru entre partenaires égaux ».

La démarche procède d'un double constat: celui que le processus de Barcelone « n'est pas mort », mais ses réalisations sont « insuffisantes » et son « potentiel reste à optimiser », ont souligné l'Italienne Pasqualina Napoletano, vice-présidente du groupe et l'Espagnol Carlos Carnero, coordinateur pour la coopération parlementaire EuroMed, en présentant la déclaration sur « le futur des relations euroméditerranéennes ». Le document a été adopté en avril après, croit-on savoir, des débats nourris opposant des approches assez diverses aussi bien entre groupes nationaux qu'au sein du groupe socialiste français lui-même, entre opposants fermes au projet du président français Nicolas Sarkozy et ceux qui y voient une chance pour une relance sérieuse du processus.

Le groupe PSE situe son appréciation à équidistance entre celle de la Commission européenne (qui estime que les résultats du processus de Barcelone sont presque parfaits) et celle, notamment du président français et de son équipe, qui parlent d'échec total. Le groupe, qui semble émettre des réserves sur les objectifs jugés peu clairs de la politique européenne de voisinage apparaissant comme contradictoires avec l'approche multilatérale du processus EuroMed, juge moins sévèrement celui-ci, mais pointe du doigt plusieurs aspects. M. Carnero dit ne pas s'attendre à un « feu d'artifice du 13 juillet », date du « sommet » de l'Union pour la Méditerranée (UpM). Le PSE se réjouit en tout cas de voir que « la Méditerranée revient avec force au cœur du débat politique ». L'avis est que la coopération profitera de l'acquis depuis 1995, même si « l'écart persistant entre le discours et la réalité (...) appelle à plus de lucidité dans la réflexion et à une plus grande ambition dans l'action ». Les socialistes prévoient de se réunir le 11 juin à Naples avec leurs homologues de la rive sud, pour approfondir la démarche en soutien à une coopération euroméditerranéenne renforcée et crédible.

Le PSE présente, dans sa déclaration, une large gamme de propositions générales sur les conditions de relance du processus, la résolution des conflits, les politiques économiques et sociales et financières, l'agriculture, l'énergie et le développement durable, la cohésion sociale, l'éducation et la recherche, l'immigration, la démocratisation, les droits des femmes, la société civile, les collectivités locales et le dialogue interculturel. Sur les rapports entre les deux rives, Mme Napoletano a clairement émis la position que l'UE doit dialoguer avec toutes les composantes politiques, y compris les extrémistes musulmans. Sous cet angle, elle estime que l'UE doit parler avec le Hamas et aussi le Hezbollah. Elle n'exclut que les tenants du terrorisme. (F.B.)

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