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Bulletin Quotidien Europe N° 9661
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INFORMATIONS GENERALES / (eu) ue/commerce

Le sommet de Lima suscite de grandes attentes

Bruxelles, 15/05/2008 (Agence Europe) - Le sommet UE/Amérique latine et Caraïbes, les 15 et 16 mai à Lima au Pérou, suscite de grandes attentes en matière commerciale: les dirigeants européens espèrent en effet qu'il contribuera à la fois à sortir de l'impasse les négociations multilatérales du round de Doha et à faire avancer des pourparlers bilatéraux pour des accords de libre-échange (ALE) avec plusieurs groupes de pays latino-américains. « Le sommet de Lima nous donnera l'opportunité de dresser un bilan des négociations avec l'Amérique centrale et la Communauté andine, lancées en 2007, et de voir où nous en sommes en ce moment avec le Mercosur », a expliqué la commissaire aux Relations extérieures, Benita Ferrero-Waldner, la semaine dernière. « Nous sommes confiants dans la possibilité de conclure des accords d'ici la fin 2009, si nous continuons à avancer comme nous l'avons fait jusqu'à présent », a-t-elle ajouté. La volonté politique manifestée par les Vingt-sept suffira-t-elle pour conclure des négociations bilatérales, en particulier celles avec le Mercosur (Argentine, Brésil, Uruguay et Paraguay et Venezuela), très dépendantes de l'issue des discussions à l'OMC sur la libéralisation des échanges mondiaux que l'UE veut achever avant la fin de l'année ?

« Au centre de tous ces sujets [qui seront abordés à Lima, NDLR] se trouve la question d'un possible accord en 2008 dans le cadre du round de Doha », a prévenu le commissaire au Commerce, Peter Mandelson. « Il y aura, autour de la table à Lima, certains pays qui peuvent faire une contribution clé pour que cela se produise», a-t-il ajouté. Dans la perspective d'une prochaine réunion ministérielle (entre mai et fin juillet) visant à valider un compromis sur les modalités de libéralisation des échanges en agriculture et sur les produits manufacturés (NAMA), les négociations s'intensifient à Genève, où les discussions entre les pays membres de l'OMC achoppent encore sur le volet agricole. Les principales difficultés à résoudre restent les questions des produits sensibles, comme le bœuf ou la volaille, que l'UE veut encore pouvoir protéger par des droits de douane élevés face à la concurrence de pays comme l'Argentine et le Brésil, et sur les produits tropicaux, comme la banane, où, selon M. Mandelson, les pays latino-américains « ont un rôle absolument central à jouer ». La crise alimentaire mondiale actuelle n'est cependant guère propice à des compromis, car elle encourage les pays à protéger leur agriculture pour assurer l'autosuffisance dans des secteurs clés. En outre, alors que les pays émergents, emmenés par les deux poids lourds sud-américains que sont l'Argentine et le Brésil, réclament la fin des subventions agricoles et une suppression substantielle des protections douanières agricoles en Europe, l'UE presse les pays d'Amérique latine à offrir davantage en termes d'ouverture de leurs marchés industriels et de services.

Dans l'impasse depuis octobre 2004, les pourparlers UE/Mercosur sont, quant à eux, bloqués par leur étroite corrélation avec les négociations de Doha (EUROPE n° 9202). « Ils ne pourront être conclus que quand nous saurons qu'elle est l'issue du round », souligne lui-même M. Mandelson. Si le sommet de Lima devrait seulement aboutir à un message politique appelant à la reprise de discussions concrètes avec le Mercosur, l'UE espère en revanche de réelles avancées dans les négociations pour des accords de libre-échange dans le cadre d'accords d'association avec la Communauté andine (Bolivie, Colombie, Equateur, Pérou) et l'Amérique centrale (Costa Rica, El Salvador, Guatemala, Honduras, Panama et Nicaragua). Lancées au printemps 2007, les négociations pour ces accords, qui visent non seulement à stimuler les échanges avec l'UE, mais aussi à créer des marchés régionaux entre ces pays, ont bien avancé (EUROPE n° 9656). Jusqu'à présent, seuls le Mexique et le Chili ont conclu avec l'UE un ALE couvrant le commerce et l'investissement ; depuis leur adoption, les échanges bilatéraux ont progressé respectivement de 70 % et de 250%.

L'UE est le 2ème partenaire commercial de l'Amérique latine et des Caraïbes, avec des échanges qui ont plus que doublé entre 1990 et 2006. Le volume des échanges bilatéraux atteint près de 160 milliards d'euros par an. En 2007, 14 % des exportations latino-américaines étaient destinées au marché communautaire. Alors qu'elle importe essentiellement des produits agricoles et énergétiques d'Amérique latine, l'UE y exporte surtout des machines, des équipements de transport et des produits chimiques. L'UE est par ailleurs le premier investisseur dans de nombreux pays latino-américains, ses investissements directs étrangers (IDE) en Amérique latine s'élevant à 400 milliards d'euros, soit environ 12% du total de ses IDE. L'UE attire également des IDE en provenance d'Amérique latine, principalement du Brésil, du Chili et du Venezuela.

Notons que tous les pays d'Amérique latine et des Caraïbes, qui représentent près de 10% de la population mondiale et près de 3% du PIB mondial, bénéficient, pour leurs exportations, de régimes d'accès préférentiel au marché communautaire. En décembre 2007, la Commission a paraphé un accord de partenariat économique (APE) avec les pays du Cariforum (Antigua-et-Barbuda, Bahamas, Barbade, Belize, Dominique, République dominicaine, Grenade, Guyana, Haïti, Jamaïque, Sainte-Lucie, Saint-Vincent-et-les-Grenadines, Saint-Christophe-et-Nevis, Suriname et Trinidad-et-Tobago) qui ouvre complètement le marché communautaire aux exportations de ces 15 pays ACP et prévoit une ouverture progressive de leur marché à de nouveaux flux commerciaux en provenance de l'UE. Entre 2004 et 2006, les pays du Cariforum ont vu leurs exportations vers l'UE progresser de plus de 40% pour dépasser les 4 milliards d'euros. (E.H.)

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