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Bulletin Quotidien Europe N° 9659
JOURNÉE POLITIQUE / (eu) ue/birmanie

Les ministres du Développement appellent la junte à autoriser l'accès sans entrave de l'aide

Bruxelles, 13/05/2008 (Agence Europe) - Au terme d'une réunion extraordinaire, mardi 13 mai à Bruxelles, les ministres du Développement des Etats membres de l'UE ont appelé la junte birmane à autoriser l'accès sans « entrave » des travailleurs humanitaires aux victimes du cyclone Nargis. La junte birmane est invitée aussi à prendre des « mesures urgentes » pour faciliter l'acheminement de l'aide.

L'UE appelle les autorités birmanes à « offrir un accès libre de toute entrave aux experts humanitaires, y compris la délivrance rapide de visas », ont déclaré les ministres dans un texte publié à l'issue de la réunion. Les Etats membres demandent aussi aux autorités de prendre des mesures urgentes pour faciliter l'acheminement de l'aide aux gens dans le besoin, qui devraient bénéficier pleinement de l'assistance offerte par la communauté internationale.

A l'issue de cette rencontre, le commissaire européen au Développement, Louis Michel, a annoncé qu'il avait obtenu un visa pour entrer en Birmanie, où il devait partir dès mardi soir pour tenter de convaincre la junte d'ouvrir les portes à l'aide internationale. Mais, « ici et maintenant, les chances que ma mission soit totalement un succès sont minces », a-t-il déclaré à l'AFP. Le commissaire, soucieux de ne pas compromettre ce voyage, a également insisté sur le fait que sa mission était « strictement humanitaire ». « Elle n'est aucunement politique, il ne peut y avoir d'équivoque sur sa nature », a-t-il martelé.

Le grand risque d'échec de cette mission a d'ailleurs poussé l'UE à refuser, lors de sa réunion mardi, la proposition de la France de demander au Conseil de sécurité des Nations unies d'adopter une résolution pour imposer l'aide internationale. Les 27 se sont contentés d'indiquer qu'ils soutiennent toute initiative, y compris des instances de l'ONU, qui aiderait à satisfaire les besoins humanitaires du peuple birman.

La secrétaire d'Etat française aux Droits de l'Homme, Rama Yade, a plaidé pour la « responsabilité de protéger » les victimes du cyclone Nargis et donc pour imposer l'aide internationale à la Birmanie. Cette notion de « responsabilité de protéger » est la formule adoptée par les Nations unies pour répondre au concept de « droit d'ingérence humanitaire », dont le ministre français des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, fut l'un des créateurs.

Le commissaire européen a estimé que « si l'accès des humanitaires ne se fait pas plus vite, on ajoutera une catastrophe à la catastrophe, c'est inacceptable ». Il a mis en garde contre le risque d'épidémies de choléra en Birmanie dans la région dévastée par le passage du cyclone et jugé « probable » une crise alimentaire du fait de la destruction des stocks de riz.

La réunion a aussi permis aux ministres de faire le point sur l'aide financière accordée jusqu'à présent. Le montant total s'élève à quelque 30 millions d'euros (les contributions nationales et de la Commission). Cette dernière a déjà alloué 2 millions de l'aide financière, et est prête à débloquer prochainement 5 millions d'euros supplémentaires d'aide alimentaire. Un groupe d'experts (deux Suédois ainsi que deux officiers de liaison) du centre d'observation et d'information (MIC) devraient arriver sur place mercredi matin et commencer l'évaluation de la situation et l'identification de besoins. (A.By.)

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