Bruxelles, 25/04/2008 (Agence Europe) - Les groupes socialiste et des Verts/ALE au Parlement européen ne soutiennent pas le compromis atteint sur la directive « retour » relative à la rétention et à l'expulsion des étrangers en situation irrégulière dans les Etats membres. Le rapporteur du texte, l'Allemand Manfred Weber (PPE-DE), s'était pourtant félicité du résultat obtenu lors du trilogue, du 23 avril, qui avait mis fin à d'interminables négociations (EUROPE n° 9650). « Je n'ai pas donné mon accord sur le compromis et il ne peut pas être cautionné en l'état actuel par mon groupe », a déclaré la Française Martine Roure (PSE), dans un communiqué. « Nous avons de sérieuses réserves sur de nombreux aspects du texte notamment sur la durée de rétention », a-t-elle ajouté. De son côté, Jean Lambert (Verts/ALE, britannique) a indiqué que son groupe réclamait « des limites plus courtes de détention » par rapport au seuil fixé (6 mois sauf certaines dérogations spéciales) et que la période de 5 ans d'interdiction d'entrée sur le territoire pour les personnes ayant déjà été expulsées de force devait rester « une exception ». En l'état actuel des choses, ces deux groupes, et probablement celui de la GUE/NGL, ne devraient pas appeler à voter en faveur du compromis, le 4 juin prochain à Strasbourg. Le rapporteur fictif de l'ADLE sur ce texte, Jeanine Hennis-Plasschaert (Néerlandaise) n'a eu de cesse de rappeler que huit Etats membres n'appliquent aucune limite dans la détention des immigrants clandestins. « Elle estime donc que la limite de 6 mois constitue déjà une amélioration », a indiqué en son nom un porte-parole de l'ADLE. Cette position ne préjuge toutefois en rien de la position officielle du groupe, qui paraît assez complexe, selon un observateur. (B.C.)