Bruxelles, 25/03/2008 (Agence Europe) - L'alliance pour une réglementation de transparence et d'éthique en matière de lobbying (ALTER-EU) a demandé, mardi 25 mars à la Commission européenne de « dissoudre » certains de ses groupes d'experts « à cause de la dominance de lobbyistes de l'industrie ». Cette coalition de plus de 160 représentants de la société civile, de syndicats, d'universitaires et d'organismes de relations publiques, a annoncé, dans un communiqué de presse, la publication d'une étude intitulée « Secrecy and Corporate dominance » qui analyse la composition et la transparence des groupes d'experts de la Commission européenne (http://www.alter-eu.org/en/publications/secrecy-and-corporate-dominance-study , pour consulter cette étude).
Cette étude révèle, selon ALTER-EU, que les représentants de l'industrie ont une influence « disproportionnée » dans certains des groupes d'experts les plus controversés, y compris les groupes de conseillers sur des sujets de première importance, comme les biotechnologies, le charbon propre et les émissions dues aux voitures.
Selon ALTER-EU, dans plus de deux tiers des groupes d'experts analysés dans l'étude, la composition de ces équipes est jugée déséquilibrée. Par ailleurs, ALTER-EU critique le fait que la Commission ne donne pas suffisamment d'informations sur la composition des groupes d'experts.
La Commission a fait de la transparence « un de ses objectifs stratégiques », a rappelé la porte-parole de Siim Kallas, le commissaire européen responsable de l'Administration. « On a été à la hauteur des engagements pris en la matière depuis le début de la Commission », a ajouté cette source, en citant notamment les initiatives sur la publication des noms des bénéficiaires des fonds communautaires et sur la transparence des activités de lobbying.
Dans le domaine des groupes d'experts, les engagements pris dès 2004 ont « trouvé leur aboutissement » en 2005, a ajouté la porte-parole. En effet, la Commission a mis en ligne sur son site Internet un registre de l'ensemble des (aujourd'hui 1192) groupes d'experts (http://www.ec.europa.eu/transparency/regexpert ). Ce registre est mis à jour constamment. La Commission est en train de rassembler les éléments concernant les noms des groupes d'experts et les noms des organisations représentatives. Ce travail devrait être terminé d'ici l'été prochain. En outre, la Commission évalue les règles qui gouvernent les groupes d'experts (y compris l'application des règles de transparence).
Concernant la représentation de l'industrie, la Commission a signalé l'échantillon « très limité » retenu par ALTER-EU dans son étude (analyse de 34 groupes sur près de 1200). La représentation de l'industrie dans les groupes d'experts de la Commission n'est pas celle qui est la plus importante, a affirmé la porte-parole de M. Kallas. Les experts des administrations et des autorités nationales représentent deux tiers des groupes d'experts, devant les scientifiques ou académiciens (environ un tiers). Les experts provenant du monde de l'industrie ne représentent que 20% des groupes d'experts, a conclu la porte-parole du vice-président de la Commission, Siim Kallas. (L.C.)