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Bulletin Quotidien Europe N° 9597
INFORMATIONS GENERALES / (eu) ue/bce

Inquiétudes concernant l'inflation et la croissance

Bruxelles, 07/02/2008 (Agence Europe) - La Banque centrale européenne résiste aux pressions en faveur d'une baisse des taux, mais pour combien de temps encore ? En présence de risques haussiers pour les prix, d'une croissance vigoureuse de la monnaie et du crédit et de fondamentaux économiques sains, la BCE a de nouveau opté pour le statu quo, mais elle se montre particulièrement sensible aux risques pour la croissance. Le Conseil des gouverneurs de la BCE a quoi qu'il en soit décidé, jeudi 7 février, de conserver le taux de soumission minimal appliqué aux opérations principales de refinancement à 4% et les taux d'intérêt de la facilité de prêt marginal et de la facilité de dépôt, à respectivement 5 % et 3 %.

Si les risques d'inflation restent élevés, ceux qui menacent la croissance se sont nettement accrus, a concédé Jean-Claude Trichet à l'issue de la réunion à laquelle participait le commissaire Joaquin Almunia. « Nous avons été unanimes pour maintenir les taux inchangés », a expliqué le président de la BCE à la presse. « Il n'y a pas eu de demandes de baisse ni de hausse de taux, ce qui ne veut pas dire que nous n'ayons pas discuté de toutes les hypothèses », a-t-il néanmoins précisé, suggérant qu'une éventuelle réduction n'avait pas été exclue, alors que ce fut le cas le mois dernier (EUROPE n° 9577). Si on compare la croissance actuelle à son potentiel, « je dirais qu'on est très proche » mais peut-être « plutôt en dessous », a reconnu M. Trichet, en attendant les nouvelles projections des services de la BCE prévues le mois prochain (en décembre celles-ci prévoyaient une hausse du PIB autour de 2% cette année et 2,1% en 2009). Etant donné l'incertitude entourant l'évaluation de l'impact des turbulences des marchés financiers sur l'économie réelle, la BCE suivra « de très près » tous les développements, a-t-il insisté. L'activité économique à la fin de l'année dernière s'annonce « plus modérée » qu'au cours du troisième trimestre 2007, où la croissance avait été de 0,8%. Bien que le ralentissement des économies de certains des principaux partenaires commerciaux de la zone euro risque d'avoir un impact sur le PIB de la zone euro, la demande interne et externe devrait continuer à soutenir la croissance en cours, a poursuivi M. Trichet. « Les fondamentaux de l'économie de la zone euro restent solides » et « l'économie de la zone euro n'a pas de déséquilibres majeurs », a-t-il souligné, en ajoutant toutefois que « l'incertitude concernant les projections de la croissance est inhabituellement élevée » et que les risques pointaient vers une baisse des activités.

Avec un taux d'inflation annuel de 3,2% en janvier 2008, après avoir atteint 3,1% en décembre, la forte pression à la hausse est confirmée à court terme. « Le taux d'inflation restera très probablement significativement au dessus de 2% au cours des prochains mois et ne se détendra que progressivement dans le restant de 2008 », ajoute le président de la BCE, qui s'attend toujours à une période prolongée de taux temporairement élevés. Parmi les risques pour l'inflation figure principalement celui d'une spirale inflationniste par les salaires et les prix, a-t-il rappelé. Il est par conséquent « impératif que toutes les parties concernées assument leurs responsabilités et que les effets de second tour sur les salaires et la fixation des prix issus des taux d'inflation actuels soient évités ». La BCE suivra donc de près les négociations salariales dans les Etats membres de la zone euro et toute indexation des salaires nominaux sur les prix est à proscrire. En dépit de sa fermeté sur l'inflation, le message équilibré du président de la BCE incite de nombreux observateurs à parier sur une baisse des taux, sans encore savoir si cela aura lieu au second semestre ou déjà au second trimestre de l'année. (A.B.)

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