Bruxelles, 07/02/2008 (Agence Europe) - Dans le droit fil de sa communication de 2006 intitulée « Vers une stratégie européenne sur les droits de l'enfant », la Commission européenne a adopté, mardi 5 février, une autre communication, plus spécifique, consacrée à la place de l'enfant dans l'action extérieure de l'UE. Elle y précise notamment les réponses que l'UE peut apporter pour améliorer la situation des enfants des pays tiers à travers ses politiques de coopération au développement, commerciale, ainsi qu'à travers le dialogue politique et l'aide humanitaire qu'elle dispense.
Investir dans les enfants et les jeunes équivaut à investir dans l'avenir. Or, de par le monde, de nombreux enfants sont victimes de violences, d'exploitation, sont soumis à la traite des êtres humains ou sont touchés par des crises humanitaires, que celles-ci soient causées par l'homme (conflits armés) ou qu'elles résultent de causes naturelles. En outre, nombre d'entre eux ne sont pas scolarisés. Les droits de l'enfant sont aussi étroitement liés à ceux de leur mère. L'absence de santé sexuelle et génésique et l'absence de droits des mères, ainsi que le manque d'une protection sociale fondamentale ont des conséquences directes pour la santé et le bien-être des enfants. Chez les adolescentes, l'absence de droits et de santé sexuelle et génésique favorise par ailleurs les relations sexuelles et les mariages forcés ainsi que les grossesses non désirées et contribuent directement à l'augmentation des contaminations par le VIH dans les pays en développement. L'ensemble de ces constats a été pris en considération lors de la détermination des objectifs du millénaire pour le développement (OMD). La plupart des OMD, et notamment ceux qui concernent la santé, l'éducation, l'eau et la nutrition, ont trait au bien-être et au développement positif des enfants et des adolescents. Tous ces objectifs concernent des défis essentiels dont l'enjeu est le développement mental et physique des enfants dans de nombreuses régions du monde. Reste qu'aujourd'hui, « il semble probable que tous les pays ne seront pas en mesure de réaliser les buts fixés par les OMD, à moins que des mesures ne soient prises pour placer les enfants au cœur des politiques de développement, la probabilité de réaliser les OMD se trouvera donc fortement réduite », note la Commission. D'où sa nouvelle communication dont l'objectif est de mettre en place le cadre d'une vaste approche de l'UE concernant la protection et la promotion des droits de l'enfant dans les pays tiers.
Semblable approche « doit être fondée sur une vision holistique et universellement applicable des droits de l'enfant et s'inscrire dans des stratégies plus larges de développement et de réduction de la pauvreté », estime la Commission pour qui la spécificité de la situation des enfants et des adolescents dans chaque pays, sous-région ou région exige que chaque circonstance soit analysée individuellement pour déterminer quel est, parmi l'arsenal des instruments possibles, celui qui permettra à l'UE de mener l'action la plus appropriée. Partant du constat selon lequel, dans de nombreux pays, les gouvernements ne sont pas en mesure et/ou ne sont pas suffisamment soucieux de promouvoir et de protéger les droits de l'enfant, la Commission considère comme indispensable d'assurer une complémentarité effective entre les différents moyens d'action et instruments financiers de l'UE, d'une part, et avec les activités du Fonds européen de développement, d'autre part. L'UE, explique-t-elle, exploitera au maximum les instruments disponibles et en assurera la coordination dans son action extérieure de la façon suivante: - dans les pays dont les capacités financières et institutionnelles sont trop faibles pour garantir l'accès des enfants à des conditions de vie acceptables et aux services de base, l'UE doit exploiter pleinement les mesures de coopération au développement et d'éradication de la pauvreté destinées à remédier aux causes profondes de la pauvreté. Dans le même temps, la Commission souligne la nécessité d'intégrer efficacement les droits et les besoins des enfants et des adolescents dans les diverses politiques nationales ; - dans la politique commerciale de l'UE, la promotion des droits de l'enfant doit s'inscrire dans l'action plus large en faveur du développement durable, fait valoir la Commission qui rappelle que, dans les accords bilatéraux, la question des droits de l'enfant est couverte par des normes du travail ; - l'UE devra insister systématiquement, lors des dialogues avec les pays partenaires, sur l'exécution des engagements pris dans la convention relative aux droits de l'enfant. Idem pour les actions de l'UE présentées dans des enceintes internationales ; - les actions menées au niveau national seront complétées par des actions appropriées mises en oeuvre aux niveaux régional et mondial, et portant sur des questions à caractère supranational ; - l'UE devrait remédier à la capacité insuffisante de remplir des obligations concernant les droits de l'enfant en accroissant l'autonomie des enfants et des adolescents pour leur permettre de jouer un rôle actif dans les domaines qui les intéressent directement ; - dans les pays qui se trouvent au bord d'un conflit, qui sont impliqués dans un conflit ou qui en sortent, il arrive fréquemment que les besoins des enfants ne soient pas reconnus ou soient ignorés, et que leurs droits soient régulièrement violés. L'aide humanitaire, également dispensée à la suite de catastrophes naturelles, sera ciblée notamment sur trois aspects essentiels des crises et des situations d'urgence: 1) les enfants séparés de leurs familles et les enfants non accompagnés, 2) les enfants enrôlés dans des forces ou des groupes armés, 3) l'éducation des enfants dans des situations d'urgence. (O.L.)