Bruxelles, 25/01/2008 (Agence Europe) - Le gouvernement danois organisera très probablement en automne de cette année - septembre ou octobre 2008 - un référendum sur la suppression de certains ou de tous les « opt-out » dont bénéficie actuellement le Danemark dans l'Union européenne, à savoir: sur l'introduction de l'euro, sur la coopération dans le domaine de la défense, sur les questions de justice et d'affaires intérieures ainsi que sur la citoyenneté européenne. C'est ce qu'EUROPE a appris de source fiable en marge de la visite du Premier ministre danois Anders Fogh Rasmussen jeudi 24 janvier à Bruxelles où il a notamment rencontré le président de la Commission José Manuel Barroso et le Haut représentant pour la PESC Javier Solana.
A Copenhague, l'on estime que le « temps est mûr » pour replacer le Danemark « au coeur de l'intégration européenne ». Or, le gouvernement danois s'est rendu compte que ceci ne sera pas possible tant que le pays ne participera pas entièrement aux prises de décision dans des secteurs clés comme la politique monétaire, la défense ou le JAI. Aucune décision n'a encore été prise sur le scénario exact de la future consultation populaire (un seul référendum le même jour sur tous les « opt-out », ou plutôt plusieurs référendums successifs sur chacune des questions ?), mais le gouvernement danois est déterminé à se débarrasser encore cette année des quatre dérogations obtenues après le rejet du Traité de Maastricht lors du référendum danois en 1992. L'abolition des opt-out enverrait aussi un « signal fort aux eurosceptiques » d'autres pays membres, comme le Royaume-Uni, qui ont des dérogations similaires et qui en ont même ajouté lors des négociations sur le Traité de Lisbonne, estime Copenhague.
Les sondages indiquent qu'une large majorité des Danois soutient la participation danoise dans la politique de défense de l'UE. Quant à l'entrée du Danemark dans la zone euro, le débat sera avant tout de nature politique. En effet, l'introduction de l'euro n'aurait pas d'impact majeur sur l'économie du pays étant donné que la couronne danoise est déjà liée à l'euro avec une marge de fluctuation très étroite de 2,25% vers le haut et le bas. Les récents sondages donnent d'ailleurs une légère majorité des Danois en faveur de l'euro. L'opt-out sur le JAI, en revanche, est beaucoup plus sensible pour les citoyens danois qui, dit-on dans les milieux gouvernementaux, tiennent beaucoup au maintien de leur propre politique nationale en matière d'immigration. D'où l'intention du gouvernement danois d'échanger l'actuel « opt-out » contre un « opt-in » (cette possibilité est d'ailleurs expressément prévue dans un protocole annexé au Traité de Lisbonne). Concrètement, le Danemark envisagerait alors de participer à 95% des décisions en matière de JAI, à l'exception de celles relatives à l'immigration. L'opt-out sur la citoyenneté européenne est devenu sans grande signification depuis le Traité d'Amsterdam ; sa suppression ne devrait donc pas poser de problème. (H.B.)