Bruxelles, 25/01/2008 (Agence Europe) - Les ministres des Affaires étrangères de l'UE se retrouveront, lundi 28 janvier, pour un premier Conseil Affaires générales/Relations extérieures sous présidence slovène, dominé par la question serbe. Des conclusions sont aussi prévues sur le Proche-Orient et l'Afrique.
Serbie. La situation en Serbie sera le principal sujet de discussion des ministres pendant le déjeuner. A moins d'une semaine du second tour des élections présidentielles (3 février), une question occupera les ministres européens: quel est le moyen le plus approprié pour aider les forces pro-européennes à Belgrade avant ce scrutin important afin de maintenir le pays sur la voie de l'intégration européenne indépendamment des prochaines décisions - douloureuses pour les Serbes - que l'UE sera amenée à prendre sur l'indépendance du Kosovo ? Pour la Présidence slovène et une très large majorité des Etats membres, la réponse est évidente: le Conseil de lundi doit envoyer un « signal d'encouragement » très clair à la Serbie, un « geste fort », par exemple en signant l'accord de stabilisation et d'association (ASA) déjà paraphé. Dimitrij Rupel, le ministre slovène des Affaires étrangères et président en exercice du Conseil, a toujours plaidé pour la signature de l'ASA dès le 28 janvier, à l'occasion de la troïka UE/Serbie prévue pour lundi soir. Jeudi 24 janvier, le Premier ministre danois Anders Fogh Rasmussen, en visite à Bruxelles, a lui aussi demandé devant un groupe de journalistes que l'ASA soit signé immédiatement, avant le deuxième tour des élections serbes. Les chances de parvenir à l'unanimité requise au Conseil pour la signature de l'ASA sont cependant très minimes. Les Pays-Bas et la Belgique y restent opposés tant que Belgrade n'aura pas « totalement » coopéré avec le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPIY), c'est-à-dire arrêté et transféré Ratko Mladic au tribunal à La Haye. Sauf changement de dernière minute, le Conseil de lundi devra donc se contenter de rappeler sa volonté de signer l'ASA « le plus rapidement possible », dès que les conditions seront réunies. Outre l'ASA, l'UE dispose d'autres instruments pour exprimer son soutien aux forces pro-européennes serbes et pour souligner les perspectives européennes de la Serbie. La suppression progressive de l'obligation de visa pour les citoyens serbes en est un (un accord de facilitation des procédures d'obtention des visas existe déjà ; il est entré en vigueur le 1er janvier 2008). Lundi, les ministres apporteront donc leur soutien à l'intention de la Commission européenne d'entamer un dialogue sur la suppression future des visas avec la Serbie, mais aussi avec tous les autres pays des Balkans occidentaux (Bosnie-Herzégovine, Albanie, Monténégro, ancienne République yougoslave de Macédoine). De manière générale, dans des conclusions, le Conseil devrait aussi réitérer sa « confiance que le progrès de la Serbie sur la voie vers l'UE pourra être accéléré ».
Kosovo. En revanche, « aucun sujet lié au Kosovo ne figure à l'ordre du jour » du Conseil, a souligné la Présidence slovène le 25 janvier, confirmant ainsi que la décision formelle sur l'envoi de la mission civile PESD au Kosovo ne sera pas encore prise le 28 janvier. Les préparations politiques et juridiques de cette décision se poursuivent, mais la date d'adoption dépendra de l'évolution politique au cours des prochains jours et semaines en Serbie et au Kosovo, explique la Présidence slovène.
Pakistan. Le Conseil aura un échange de vues sur la situation dans le pays à l'approche des élections parlementaires du 18 février prochain, pour lesquelles l'UE a dépêché une mission d'observation. Lors de sa tournée européenne, entamée lundi dernier à Bruxelles (EUROPE n° 9585), le président pakistanais Pervez Musharraf s'était engagé à la tenue d'élections libres, équitables, transparentes et pacifiques.
Proche-Orient. Le Conseil adoptera des conclusions sur le processus de paix israélo-palestinien après la rencontre d'Annapolis (EUROPE n° 9553) et la conférence des donateurs de Paris (EUROPE n° 9567). Les ministres se féliciteront du lancement de négociations entre les responsables des deux camps, en vue de parvenir à un accord de paix avant fin 2008, s'inquiétant des récentes violences à Gaza. Dans des conclusions sur le Liban, ils regretteront l'impasse politique dans laquelle se trouve le pays après le nouveau report, le treizième, de l'élection présidentielle (désormais prévue au 11 février). Et de saluer l'adoption, par leurs homologues de la Ligue arabe, le 6 janvier au Caire, d'un plan de règlement de la crise libanaise.
Afrique. Le Conseil adoptera des conclusions sur le Soudan, le Tchad et la République centrafricaine et la décision sur le lancement officiel de la mission EUFOR Tchad-RCA. Des conclusions sont par ailleurs prévues sur la situation au Kenya.
Au déjeuner, les ministres examineront aussi la question nucléaire en Iran. Aucune avancée n'est à constater sur ce dossier après la rencontre improvisée à la demande des Iraniens, mercredi soir, entre Javier Solana et Saeed Jalili. (A.B./H.B.)