Bruxelles, 24/01/2008 (Agence Europe) - La commission des libertés civiles du Parlement
européen (LIBE) a decidé, mardi 22 janvier, d'élaborer un rapport sur le thème du « profilage » des personnes dans le domaine de la lutte contre le terrorisme et le contrôle aux frontières. Cette décision
de la commission compétente intervient alors que les ministres de l'Intérieur doivent se pencher, vendredi 25 janvier, sur la proposition controversée de la Commission européenne intitulée « PNR européen » (EUROPE n° 9586).
Le rapport du Parlement européen sera rédigé par la Britannique Sarah Ludford (ALDE) qui s'était en décembre ouvertement plainte, auprès du directeur général de la DG Justice - Liberté - Sécurité, Jonathan Faull, de l'ambiguïté de la proposition de la Commission. « Le danger de cibler des personnes sur la base de la race ou de la religion est particulièrement élevé (…) Nous devons nous assurer que tous les citoyens se sentent et soient traités de la même façon face à la loi », a indiqué Mme Ludford, dans un communiqué. La technique du « profilage », qui est couramment utilisée dans les enquêtes criminelles, permet de déterminer des indicateurs physiques, psychologiques ou comportementaux qui seront susceptibles de relier un certain type de personne à un crime donné. Ils sont utiles pour les forces de l'ordre, étant donné qu'ils peuvent leur permettre de circonscrire les recherches. « En principe, le profilage doit donc être considéré comme un outil légitime de la répression. Or, cette technique a été appliquée de façon très problématique dans la lutte contre le terrorisme. Les indicateurs utilisés comportaient des caractéristiques aussi générales que larges, comme la race, l'appartenance ethnique, l'origine nationale ou la religion », relevait l'an dernier le Commissaire aux droits de l'Homme du Conseil de l'Europe, Thomas Hammarberg. Son opinion est disponible sur le site du Commissaire sur http://www.commissioner.coe.int . (B.C.)