Bruxelles, 11/01/2008 (Agence Europe) - Après un long débat public, le gouvernement britannique a officiellement donné son feu vert, jeudi 10 janvier, à la construction d'une nouvelle génération de centrales nucléaires au Royaume-Uni, pays qui possède le plus vieux parc nucléaire occidental et où moins de 20% de l'électricité produite est d'origine nucléaire (contre près de 80% en France). Annonçant cette décision devant la Chambre des Communes, le secrétaire d'Etat aux entreprises, John Hutton, a fait valoir que cette énergie constitue un moyen sûr, propre et abordable de répondre au double défi de la sécurité de l'approvisionnement énergétique et de la lutte contre le réchauffement climatique. Peu après, le Premier ministre Gordon Brown a précisé que « l'intérêt national » avait prévalu dans cette décision « adéquate et à long terme » destinée à assurer la sécurité énergétique du Royaume-Uni. Devant le Parlement britannique, M. Hutton a par ailleurs précisé que les producteurs d'énergie devront financer eux-mêmes la construction, l'exploitation et le démantèlement ultérieur de ces nouvelles centrales nucléaires sans bénéficier d'aides d'Etat.
Actuellement, près de 18% de l'électricité consommée (10 000 mégawatts) au Royaume-Uni est produite par 14 centrales nucléaires datant des années 1960/1970, le reste provenant des centrales au gaz (40%) et au charbon (33%). Neuf réacteurs nucléaires doivent être fermés d'ici 2015. En 2020, faute de construction d'une nouvelle génération de centrales, il ne restera plus qu'un site en activité à Sizewell B dans le sud-est du pays. D'où la nécessité pour le gouvernement Brown de préparer dès maintenant le remplacement des centrales alors que les ressources fossiles britanniques s'épuisent et que, de manière générale, outre leur caractère polluant, les hydrocarbures deviennent de plus en plus chers. En outre, s'il s'est engagé à relever fortement la part des énergies renouvelables comme l'éolien dans le bouquet énergétique du Royaume-Uni, le gouvernement britannique ne prévoit cependant pas de fixer d'objectifs chiffrés de répartition de la future production énergétique entre le nucléaire et les autres ressources.
Le député européen Giles Chichester (PPE-DE, britannique) a salué la décision du gouvernement britannique qu'il juge « de bon sens pour une fois ». « L'énergie nucléaire constitue une part essentielle du bouquet énergétique du Royaume-Uni et de l'Europe. Elle garantit la sécurité de l'approvisionnement et de faibles émissions de CO2 sur les 40 à 60 années de vie d'un réacteur », conclut-il. (E.H.)