Bruxelles, 30/10/2007 (Agence Europe) - Le Parlement européen a adopté, jeudi 25 octobre lors de sa session plénière à Strasbourg, le rapport du radical italien Marco Cappato qui demande au Conseil d'étudier la possibilité d'utiliser une partie de la considérable production illicite afghane d'opium pour produire des analgésiques licites et abordables, notamment à destination des pays en voie de développement, qui manquent de tels traitements. L'objectif est de maîtriser une production qui fait vivre 10% de la population afghane, tout en améliorant la sécurité, en luttant contre les trafiquants, les groupes terroristes et la corruption.
Le rapport, adopté par 368 voix, contre 49 et 25 abstentions, souligne que "les insurgés, les seigneurs de la guerre, les talibans et les groupes terroristes tirent leur principale source de financement du commerce de stupéfiants illicites". Dès lors, donner un cadre licite à une partie de la production de pavot doit permettre de réduire ces financements, parallèlement à l'action de l'UE visant à réduire l'offre d'opium par le biais de la promotion d'autres sources de revenus. Ce cadre licite consisterait à convertir "sur une petite échelle" les cultures illicites en champs destinés à produire des analgésiques à base d'opium. La demande potentielle pour ces traitements serait en effet considérable dans les pays en voie de développement. De fait, l'Organisation mondiale de la santé a relevé que "dix pays consommaient 80% des opiacés légalement disponibles dans le monde et que les 180 Etats restants comprenaient la majorité des pays en voie de développement, qui constituent 80% de la population mondiale". Ainsi, dans plus de 150 pays, les traitements de ce type sont très largement insuffisants. Toutefois, même en tenant compte de ces besoins, "la production d'opium en Afghanistan dépasse de loin la demande". Il ne s'agirait donc bien que d'une surface restreinte, et dans le cadre "d'une surveillance stricte sur place".
Selon l'Office des Nations unies contre la drogue et le crime, 93% des opiacés sur la marché mondial proviennent d'Afghanistan, et le FMI et la Banque mondiale estiment que près de 40% du Produit intérieur brut du pays est lié au pavot. Plus de 3 millions d'Afghans (soit environ 10% de la population) travaillent dans le secteur du pavot qui constitue une culture plurimillénaire dans cette région du monde. (O.J.)