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Bulletin Quotidien Europe N° 9531
JOURNEE POLITIQUE / (eu) ue/russie

Pas d'avancée spectaculaire attendue lors du Sommet de Mafra

Bruxelles, 25/10/2007 (Agence Europe) - Le vingtième Sommet UE-Russie, qui a lieu ce vendredi 26 octobre à Mafra au Portugal, permettra de faire un vaste tour d'horizon des relations entre les deux partenaires, mais ne débouchera sur aucune avancée majeure. Bien que l'actuel accord de partenariat et de coopération expire le 30 novembre prochain (il sera prorogé d'un an), peu de progrès sont à attendre sur le lancement des négociations en vue d'un nouvel accord. La Pologne oppose toujours son veto à l'ouverture de ces pourparlers en raison d'un embargo russe sur la viande polonaise et il est trop tôt pour dire que les résultats des récentes élections feront évoluer sa position. Aucune déclaration conjointe ne sera adoptée à l'issue de ce qui sera le dernier Sommet de Vladimir Poutine en tant que président de la Russie. Il sera accompagné par le ministre des Affaires étrangères, Serguei Lavrov. Côté européen, le Premier ministre portugais et Président en exercice du Conseil de l'UE, José Socrates, le président de la Commission européenne, José-Manuel Barroso, et le Haut représentant de l'UE pour la PESC, Javier Solana, ainsi que les commissaires Ferrero-Waldner et Mandelson, seront notamment présents à un Sommet, dont le but sera surtout de rétablir la confiance (EUROPE n° 9530).

L'ordre du jour de la rencontre de ce vendredi fait le part belle à l'examen de la mise en oeuvre des quatre espaces communs (économique ; liberté, sécurité et justice ; sécurité extérieure ; recherche, éducation et culture) et aux questions internationales. « Les liens économiques qui nous unissent continuent de se développer et la Fédération de Russie est déjà notre troisième partenaire commercial », se félicite M. Barroso dans un communiqué publié à la veille du Sommet. « Il subsiste certes des problèmes non encore résolus, mais nous nous efforçons de les régler par un dialogue politique régulier et ouvert », ajoute-t-il, en espérant que ce Sommet « sera l'occasion d'identifier ensemble les actions à entreprendre pour approfondir notre coopération ». Surtout, comme l'indique la commissaire chargée des relations extérieures, Benita Ferro-Waldner, « dans la situation actuelle, il convient de ne pas perdre de vue nos intérêts à long terme et le potentiel considérable des relations entre l'UE et la Russie ».

Au plan international, les sujets de discussion ne manquent pas, avec le Proche-Orient, l'Iran, l'Afghanistan et surtout le Kosovo. Si Russes et Européens attendent le résultat des négociations entre Serbes et Kosovars sur le statut de la province, Moscou a clairement indiqué qu'en l'absence de solution négociée acceptable pour les deux parties, une prolongation des discussions sera nécessaire. Concernant, en particulier la Moldova et le Sud Caucase, l'UE plaidera pour une coopération pratique accrue avec la Russie, tout en rappelant l'importance de la souveraineté et de l'intégrité territoriale au moment de résoudre ces conflits gelés. Bien que ne figurant pas à l'ordre du jour, la question du bouclier antimissile américain (ABM) devrait toutefois être évoquée au cours des discussions sur la sécurité.

Lors du dernier Sommet, en mai à Samara, les Vingt-sept avaient abordé de front les problèmes de droits de l'Homme en Russie et l'ambiance avait été tendue (EUROPE n° 9429). Mercredi 24 octobre, les députés européens ont insisté pour que l'UE fasse preuve, une fois encore, d'une grande fermeté sur ces questions. A l'approche des élections parlementaires et présidentielle russes, et vu sa cote de popularité, il est néanmoins probable que M. Poutine fasse peu de cas des critiques européennes sur son bilan en matière de droits de l'Homme et de libertés fondamentales. L'UE réaffirmera en tout cas sa détermination à s'engager dans un partenariat stratégique avec la Russie, basé sur le respect de valeurs communes, notamment les droits de l'Homme, la démocratie, l'Etat de droit et les principes d'une économie de marché.

Le président russe risque d'accueillir tout aussi froidement l'initiative de la Commission visant à empêcher la prise de contrôle des réseaux de distribution énergétique sur le territoire de l'UE par des entreprises de pays tiers (EUROPE n° 9505). Un accord sur la question énergétique est néanmoins prévu, celui concernant le lancement d'un mécanisme conjoint d'alerte dans le cadre du dialogue énergétique bilatéral.

Européens et Russes devraient par ailleurs signer un accord portant sur le commerce de l'acier et un mémorandum de coopération antidrogue. Ce protocole d'accord entre l'Observatoire européen des drogues et des toxicomanies et le service de contrôle des drogues de la Fédération de Russie, vise à mettre en place un échange d'informations et d'expertise technique concernant la consommation de drogues illicites.

En marge du sommet, le commissaire Jan Figel, chargé de l'éducation, de la formation, de la culture et de la jeunesse, les ministres de la culture portugais Isabel Pires de Lima et slovène Vasko Simoniti, et le ministre de la culture russe Alexander Sokolov ont adopté, jeudi 25 octobre à Lisbonne, une déclaration commune soulignant les futures priorités de leur coopération culturelle. Il s'agissait de la première réunion du Conseil permanent de partenariat en matière culturelle entre l'UE et la Russie. Les parties ont examiné la feuille de route sur l'espace commun pour la recherche, l'éducation et la culture et insisté sur leur volonté d'approfondir leur coopération au moyen d'un futur plan d'action culturelle comprenant la réalisation d'objectifs concrets et communs. Ce processus de coopération culturelle institutionnalisée a démarré dans le sillage de la conférence de Kajaani tenue les 18 et 19 septembre 2006 sous Présidence finlandaise de l'UE. (A.B./I.L.)

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