Bruxelles, 03/04/2007 (Agence Europe) - Au terme d'une visite de quatre jours à Beijing (EUROPE n° 9399), le Commissaire européen à l'Industrie Günter Verheugen a appelé mardi les autorités chinoises à adopter des procédures « plus transparentes » pour faciliter les échanges commerciaux et à garantir un climat plus propice à l'investissement. Dans l'Union, « les procédures fonctionnent bien, sont transparentes et faciles à appliquer », a souligné M. Verheugen devant la presse, faisant remarquer que « les exportateurs chinois en bénéficient, tandis que les importations de produits européens en Chine font toujours l'objet de procédures compliquées ». « Nous devons restaurer une situation de concurrence entre l'Union et la Chine. J'ai donc plaidé pour plus de transparence pour les échanges réciproques et un bon climat d'investissement », a-t-il ajouté. M. Verheugen a également rejeté les critiques accusant l'Europe de protectionnisme pour défendre son industrie. « Nous ne protégeons pas l'Europe contre la concurrence chinoise », a-t-il assuré, ajoutant que « le meilleur moyen de relever le défi de la concurrence chinoise consiste à améliorer la capacité de l'Union à innover ». M. Verheugen a également réaffirmé l'importance d'améliorer la protection des droits de propriété intellectuelle en Chine. « La Chine et l'Union doivent toutes deux protéger leurs consommateurs lorsqu'il s'agit de biens produits nationalement ou importés. Nous devons aussi nous assurer que des produits connus ou des marques déposées ne sont pas mis en danger par des produits contrefaits ou dangereux », a-t-il souligné.
Selon une source diplomatique citée par Reuters, le Commissaire à l'Industrie aurait par ailleurs averti Beijing du risque de mesures de défense commerciale encouru par la Chine à moins qu'elle ne limite l'expansion de son industrie dans les domaines de l'acier et de la construction navale, deux secteurs sensibles pour l'Union. Selon cette source, M. Verheugen aurait invité la Chine à restreindre ses capacités mais également à limiter l'octroi de licences d'exportation d'acier. Des allégations démenties par le porte-parole de la Commission à Beijing, Michael Jennings, selon qui M. Verheugen aurait seulement discuté « en toute franchise » avec ses hôtes de la question de la surcapacité industrielle. « Dans des secteurs comme la construction navale et l'acier, il y a un intérêt mutuel à éviter la surcapacité. C'est quelque chose de très important », a-t-il seulement lâché devant la presse, assurant que « la confiance et le dialogue en matière de politique industrielle permettront à l'Union de tirer avantage du développement économique en Chine sans interférence ni intervention ». (eh)