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Bulletin Quotidien Europe N° 9366
JOURNEE POLITIQUE / (eu) ue/iran/nucleaire

Avertissant que Téhéran aura à terme une capacité nucléaire militaire, le secrétariat général du Conseil estime que des sanctions économiques seules ne résoudront pas les problèmes avec l'Iran

Bruxelles, 14/02/2007 (Agence Europe) - Un document de réflexion élaboré par les services du secrétaire général et Haut représentant pour la PESC, Javier Solana, et remis aux ministres des Affaires étrangères de l'Union lundi dernier à Bruxelles, avertit qu'il faut « [s'] attendre qu'à un certain stade, l'Iran acquière la capacité à enrichir de l'uranium à l'échelle nécessaire pour un programme d'armement ». Le document dresse par ailleurs un bilan négatif des efforts diplomatiques entrepris par l'Union pour amener l'Iran à suspendre ses activités d'enrichissement d'uranium et négocier avec les « Six » (UE-3/Allemagne, France et Royaume-Uni, Chine, Etats-Unis et Russie) leur offre de coopération commerciale, technologique (dans le domaine du nucléaire civil) et de sécurité régionale mise sur la table en 2006. Son « rejet » par l'Iran rend « difficile à croire que, au moins dans le court terme, ils (les Iraniens) seraient prêts à créer les conditions pour une reprise des négociations », souligne le document qui déplore que, depuis l'accord de Paris de 2004 par lequel il s'était engagé à le suspendre, l'Iran ait poursuivi son programme nucléaire à « son propre rythme », rythme davantage entravé par des « difficultés techniques plus que par les résolutions de l'ONU ou de l'AIEA ». Le document note par ailleurs que la résolution 1737 du Conseil de sécurité de l'ONU, adoptée à l'unanimité, « a eu un impact sur l'Iran » qui n'est toutefois « pas pleinement mesurable à ce stade ». « Les sanctions contenues dans la résolution ont des effets directs limités mais elles interviennent à un moment où l'économie iranienne est faiblement performante, en partie à cause d'une mauvaise gestion iranienne », poursuit-il, soulignant que le président iranien Mahmoud Ahmadinejad se trouve « sous la critique » à cause d'un fort taux d'inflation et d'une croissance économique de 5% mais qui ne suffit pas à satisfaire les besoins en création d'emplois. « L'investissement étranger (en Iran) s'est arrêté en partie à cause de la question nucléaire et de l'action concertée (restriction sur les banques iraniennes, plus grandes précautions des agences de crédits à l'exportation). Sans nouvel investissement, l'Iran risque d'être incapable de maintenir une production de pétrole à moyen terme, qui représente 50% du revenu de l'Etat », ajoute encore le document. Le secrétariat général du Conseil estime toutefois que « les problèmes avec l'Iran ne seront pas résolus à travers les seules sanctions économiques » décidées par la résolution 1737 (et qui imposent un embargo sur les transferts de technologie vers les programmes nucléaire et balistique iraniens, ainsi que des limites sur les transactions financières vers ces programmes, des gels d'avoirs et des interdictions de visas frappant certains responsables iraniens). « L'Iran a manifesté par le passé une grande résilience face aux pressions extérieures, par exemple pendant la guerre Iran-Irak » dans les années 1980, précise-t-il, avant d'ajouter: « Le gouvernement pourrait exploiter les sanctions au bénéfice du nationalisme et pour expliquer l'échec économique ». « Néanmoins, l'Iran doit comprendre que la poursuite des politiques que la communauté internationale rejette n'est pas sans coûts », insiste-t-il.

S'il a entériné lundi le plan de mise en œuvre des sanctions du Conseil de sécurité de l'ONU (EUROPE n° 9364), le Conseil a toutefois réaffirmé qu'il laissait ouverte la porte des négociations avec Téhéran. En guise de conclusion, le document élaboré par les services du Haut représentant se demande toutefois si les Vingt-sept devraient « pousser pour de nouvelles sanctions de l'ONU si l'Iran ne se conforme pas aux exigences de la résolution 1737 », « si oui, dans quels domaines ? » et « comment maintenir l'unité de la communauté internationale » sur cet épineux dossier. (eh)

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