Bruxelles, 31/01/2007 (Agence Europe) - Pour rejoindre la zone euro au premier janvier 2008, Chypre et Malte demanderont « dans les prochaines semaines » une évaluation spécifique de leurs performances en termes de convergence, a déclaré mardi à l'issue de l'Ecofin le ministre allemand des Finances, Peer Steinbrück. « Nous avons l'intention de le faire à temps », a confirmé mercredi à EUROPE un diplomate maltais, qui assure que si, comme le Commissaire Joaquín Almunia l'a déjà laissé entendre, une demande doit intervenir « autour du mois de mars » (EUROPE n° 9350), nous procéderons de la sorte. Du côté de la Commission, on confirme s'attendre à la même démarche de Chypre courant février.
Le calendrier de l'adhésion des deux pays à l'euro est jalonné de plusieurs décisions, la première, celle de la Commission et de la BCE, devant intervenir en mai, pour que le Conseil Ecofin puisse se saisir de la question en juin, juste avant le Conseil européen des 21 et 22 juin. En cas d'aval des chefs d'Etat ou de gouvernement une décision finale du Conseil Ecofin serait alors prise en juillet, autorisant, d'une part, l'entrée de Chypre et Malte dans la zone euro et fixant, d'autre part, le taux de conversion fixe et irrévocable entre la monnaie nationale et l'euro. Il restera ensuite aux deux pays à assurer le basculement vers la monnaie commune du point de vue pratique. Une échéance en vue de laquelle les préparatifs devraient s'accélérer, soulignait la Commission en novembre (EUROPE n° 9304).
Alors que la question du respect des critères nominaux avait fait couler beaucoup d'encre après le rejet de la candidature lituanienne pour cause d'inflation trop élevée (EUROPE n° 9193), M. Steinbrück a coupé court à tout débat éventuel. « Nous avons des critères bel et bien définis », qui « ne peuvent en aucun cas être amoindris ou nuancés », a-t-il martelé mardi. Selon les derniers rapports de convergence de la Commission et de la BCE (EUROPE n° 9321), aucun des Etats membres bénéficiant d'une dérogation temporaire à l'euro ne respectait l'ensemble des critères de Maastricht, même si Chypre et Malte sont sur la bonne voie. Chypre était le seul des deux à respecter le critère d'inflation (dont le seuil s'établissait à 2,8% en octobre 2006) et le critère de déficit (-1,9% du PIB en 2006). Malte ne répondait pas encore à ces critères, mais devrait, selon les prévisions d'automne de la Commission, ramener son déficit sous le seuil des 3% en 2006 (avec -2,9% du PIB) et pourrait sortir de la procédure pour déficit excessif dans le courant de l'année. A Chypre et Malte, la dette dépasse cependant le plafond de 60% du PIB, avec respectivement 64,8% et 69,6% en 2006 et 62,2% et 69% en 2007. Ayant rejoint le mécanisme de change du système monétaire européen (MCE II) le 2 mai 2005 (EUROPE n° 8940), les deux pays auront bientôt participé pendant la durée requise de deux ans à ce système qui est sensé garantir la stabilité des taux de change. Ils proposent également des taux d'intérêt moyens à long terme sur un an inférieurs à la valeur de référence (6,2 % en octobre 2006) et respectent ainsi ce critère de convergence. Sans être encore pleinement conformes au critère de compatibilité de la législation (indépendance de la Banque centrale nationale notamment), ils ont toutefois soumis à leurs parlements nationaux, respectivement en octobre et en novembre 2006, des projets de loi éliminant toutes les incompatibilités subsistantes. (ab)