Bruxelles, 15/01/2007 (Agence Europe) - L'Europe va s'engager davantage dans les processus de transition au Kosovo, au moins en ce qui concerne le volet civil et de sécurité, a promis Javier Solana, le Haut représentant pour la PESC, à l'issue de sa rencontre, lundi 15 janvier à Bruxelles, avec le président kosovar Fatmir Seidju. « Nous allons poursuivre notre travail avec le Kosovo et renforcer notre engagement dans les domaines économique, sécuritaire et de l'Etat de droit », a-t-il ajouté en évoquant le travail engagé par la décision du Conseil de septembre 2006 sur la préparation de la future mission civile européenne au Kosovo.
Le futur engagement de l'UE se traduira par deux actions-clés, selon des sources proches de M. Solana. La première va consister à prendre la relève de l'ONU à la tête de la mission civile internationale à Pristina (UNMIK). Le 12 février, le Conseil devrait adopter l'action commune prorogeant le mandat de l'équipe de la planification (EUPT) chargée de préparer le transfert des prérogatives de l'UNMIK à l'UE. La deuxième étape verra le déploiement d'une mission de police, comprenant des activités de soutien, de conseil et de formation de la police kosovare, et visant le renforcement de l'Etat de droit. Plus de 1000 policiers - on parle de 1300 - participeraient à cette mission.
« Ce qui est nécessaire est avant tout d'y maintenir le calme », a dit Javier Solana en rappelant toutefois que la stabilité de la région dépend aussi de l'action de l'ONU et des négociations sur le statut futur de la province qui devraient s'ouvrir après les élections en Serbie. Il a également souligné que les parties étaient « maintenant dans les derniers mètres (…) avant le statut final», sans pour autant donner d'autres précisions. Fatmir Seidju a réaffirmé la détermination des Kosovars à obtenir « un Kosovo indépendant, intégré dans les structures de l'UE », qui maintiendrait « de bonnes relations avec ses voisins », serait « un facteur de la stabilité dans la région » et garantirait le respect tant de la majorité (albanaise) que de la minorité (serbe), tout en se prononçant en faveur du maintien des forces de l'OTAN dans la province.
Cette rencontre intervient juste avant les élections parlementaires en Serbie, prévues le 21 janvier, qui opposent le Parti Libéral, plus favorable à l'indépendance du Kosovo que son adversaire, le Parti radical, qui défend des thèses plus nationalistes.