Paris, 15/01/2007 (Agence Europe) - Une conférence sur l'aide à la reconstruction du Liban (dite "Paris III") aura lieu le 25 janvier dans la capitale française. Y participeront le nouveau secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, Condoleezza Rice pour les Etats-Unis et très probablement plusieurs ministres de l'UE dont le Président en exercice Frank-Walter Steinmeier ainsi que Javier Solana. Une réunion de hauts fonctionnaires aura lieu en début de semaine pour en préparer les thèmes. La liste effective des participations sera connue par la suite et engloberait de hauts représentants de pays du Golfe.
Le président du pays hôte, Jacques Chirac, a affirmé au quotidien libanais L'Orient-Le-Jour de vendredi que la conférence « se présente de manière positive ». Il relève qu'une « large mobilisation au niveau de l'Europe, des États-Unis et du Moyen-Orient » existe afin d'assurer le succès de cette conférence. « Je ferai le maximum pour que ça réussisse, on en a besoin », a assuré le président Chirac.
Selon le quotidien, le gouverneur de la Banque du Liban a entamé des discussions préparatoires, jeudi, avec Jean-Pierre Jouyet (grand coordinateur de Paris III), pour examiner les divers aspects à traiter durant la conférence et notamment les mécanismes des aides réclamées par le Liban et le programme de rééchelonnement de la dette publique. Il serait également question de la création d'un fonds spécial pour le Liban. Au titre des contacts préparatoires, l'ancien président de la république libanaise Amine Gemayel a rencontré jeudi à Madrid le secrétaire général de la Ligue arabe, Amr Moussa, et l'émissaire onusien Terjé Roed-Larsen. Le Haut représentant pour la PESC, Javier Solana, a eu, quant à lui, jeudi 11 janvier, un entretien téléphonique avec le Premier ministre libanais Fouad Siniora.
A Bruxelles, on affirme qu'en même temps que le chapitre économique et d'aide financière, l'intérêt de cette conférence sera aussi politique. Le souci étant d'aider M. Siniora à émerger de la crise actuelle marquée par un affaiblissement de son équipe ministérielle suite aux récentes défections et à l'érosion de sa majorité parlementaire.
En prévision de cette conférence, le gouvernement libanais avait adopté, jeudi 4 janvier, un programme de réformes économiques et, en contrepartie, espère obtenir une aide financière et un rééchelonnement de sa dette évaluée à 41 milliards de dollars. Dans des déclarations à la presse, M. Siniora a fait valoir la nécessité d'obtenir une aide financière, faute de quoi "l'endettement public pourrait encore grossir, mettant l'économie en grand danger". "Paris III" fait suite à une conférence similaire en 2002, à Paris, qui avait permis au Liban de collecter 2,6 milliards de dollars et à une conférence des donateurs, le 31 août dernier, plus marquée par le souci d'assurer au Liban une aide d'urgence qu'une aide à la reconstruction à plus long terme. A Stockholm, le Liban avait obtenu des promesses d'aide d'un montant de 940 millions de dollars (735 millions d'euros) pour assurer l'urgence. La conférence de Paris du 25 janvier devrait compléter les offres faites à Stockholm. (fb)