Bruxelles, 03/01/2007 (Agence Europe) - Réunis mercredi à Bruxelles, à l'initiative de la Présidence allemande, les représentants européens du groupe de contact international sur la Somalie (Royaume-Uni, Italie, Suède et Norvège) ont discuté des moyens de stabiliser le pays. La situation reste très précaire en Somalie, mais les récents événements offrent l'occasion de relancer les efforts de paix, à condition d'éviter le vide du pouvoir et d'engager un processus de réconciliation ouvert et inclusif, ont-ils insisté. Alors que les membres du groupe de contact se réuniront vendredi à Nairobi, l'idée d'envoyer une force de maintien de la paix fait son chemin, mais de préférence d'origine africaine, a souligné Frank-Walter Steinmeier.
Pour le ministre des Affaires étrangères allemand, qui s'exprimait devant la presse à l'issue de la réunion, trois points sont essentiels: un arrêt durable du recours à la force, l'amélioration de l'accès à l'aide humanitaire et, « peut être le plus important », un retour au dialogue politique. « Tous les mécanismes de coopération doivent être exploités, en accord avec les Etats-Unis, pour éviter une situation de vide de chaos », a ensuite déclaré M. Steinmeier, souhaitant déterminer comment le processus de réconciliation peut être élargi. Le Comité politique et de sécurité (COPS) se penchera ainsi sur la question ce vendredi 5 janvier afin de préparer la discussion des ministres des Affaires étrangères des Vingt-sept, qui se réuniront le 22 janvier lors du Conseil « Affaires générales ». Evoquant ensuite le déploiement d'une mission de maintien de la paix, M. Steinmeier a qualifié la situation de « sérieuse », jugeant que « si présence internationale il y a, ce sera plutôt une présence d'origine africaine ». Une telle éventualité reste néanmoins encore à approfondir. « Le groupe de contact peut jouer un rôle en étant uni », a pour sa part espéré le ministre norvégien des Affaires étrangères, Jonas Gahr Store. Les Etats-Unis, mais aussi la Tanzanie, sont en effet également membres du groupe de contact, auquel l'ONU, l'Union Africaine, l'IGAD (Autorité intergouvernementale pour le développement) et la Ligue arabe participent en qualité d'observateurs. M. Gahr Store a ensuite estimé que la situation actuelle est « dramatique au sens où il s'agit d'une invasion étrangère », mais qu'elle offre simultanément « une fenêtre d'opportunité pour faire avancer le processus de réconciliation nationale ».
Alors que depuis sa formation en 2004, le gouvernement intérimaire d'Abdullahi Yusuf, composé essentiellement d'anciens seigneurs de guerre, n'a pas réussi à asseoir son autorité, ni sur ses membres ni sur le pays, l'Union des tribunaux islamistes (UTI) a progressivement rétabli un certain ordre à Mogadiscio, la capitale livrée à la violence depuis la destitution de l'ancien Président, Mohamed Siad Barre, en 1991. Craignant l'instauration d'un Etat régi par la charia ainsi que les liens supposés de l'Union des tribunaux avec l'organisation terroriste Al Qaeda, l'Ethiopie, qui suivait la situation de près, s'est décidée à intervenir ouvertement le 24 décembre dernier. Soutenus par l'armée éthiopienne, les forces gouvernementales ont repris le contrôle de la capitale somalienne le 28 décembre dernier provoquant la fuite des partisans de l'UTI vers le sud du pays jusqu'à la frontière kenyane. Alors que leur bastion de Kismayo est tombé lundi, les membres de l'UTI n'ont pas encore été appréhendés et refusent toujours de désarmer. Début décembre, le Conseil de sécurité des Nations Unies avait adopté la résolution 1725, par laquelle l'embargo sur les armes avait été modifié et qui autorise l'établissement d'une force conjointe IGAD-Union africaine en vue de protéger le gouvernement fédéral de transition. La résolution soulignait aussi la nécessité d'un dialogue véritable entre les institutions fédérales de transition et l'Union des tribunaux islamiques et appelait déjà au retrait de toutes les forces étrangères de Somalie. (ab)