Bruxelles, 06/10/2006 (Agence Europe) - La Président de la délégation ad hoc sur le Sahara, qui devait se rendre du 5 au 8 octobre au Maroc, Ioannis Kasoulides (PPE-DE, Chypre), estime que sa « bonne foi a été abusée » par le parlement marocain. Le président de ce dernier, Abdelwahed Radi, a explicitement demandé dans une lettre à M. Kasoulides de surseoir au voyage, contestant la composition de la mission ad hoc essentiellement formée de membres de l'intergroupe parlementaire européen soutenant le Polisario. Pour les Marocains, les conclusions que tirerait la délégation ad hoc leur paraissaient jouées d'avance. C'est un « revirement inexplicable », affirme toutefois M. Kasoulides qui estime que la composition de la délégation ad hoc a été « fixée irrévocablement par les groupes politiques du PE » et conteste le fait que les autorités marocaines prétendent avoir un « droit de regard » et « revendiquent, désormais explicitement, un accord sur [sa] composition ». C'est une « décision souveraine » du PE, affirme-t-il au diapason de nombre de ses collègues concernés par les relations avec le Maghreb.
Le Maroc, aussi, est souverain, réplique l'ambassadeur marocain auprès de l'UE, Menouar Alem, qui estime que si une bonne foi a été abusée, c'est celle des Marocains. Il met en cause la logique « unilatérale » qui a été suivie tout au long du processus de mise en place de la délégation ad hoc jusqu'à la mise au point du programme de la visite, en passant par l'adoption, en novembre dernier, d'une résolution « très négative » sur le Sahara. Elle a été adoptée alors que « nous étions en pleine concertation », s'étonne-t-il. L'ambassadeur regrette que le PE n'ait pas pratiqué le dialogue, agissant comme si le Maroc n'avait rien à dire où à proposer. Le président de la Chambre des représentants M. Radi et le président Borrell se rencontrent fréquemment et à aucun moment il n'a été question de l'organisation de la mission. « Malgré cela nous avons collaboré jusqu'au moment où on s'est aperçu que la composition de la délégation (était) trop déséquilibrée. Nous (avons été) surpris de nous retrouver avec une délégation comprenant trois eurodéputés de l'intergroupe qui défendent les thèses du Polisario », a précisé M. Alem dans une déclaration à l'agence MAP. En clair, le Maroc recevrait bien une délégation du Parlement européen mais pas une délégation composée de sympathisants actifs du Polisario. (fb)