Bruxelles, 06/10/06 (Agence Europe) - Un an après la signature de la Charte européenne pour l'hydrogène vert (EUROPE n° 9026), Jo Leinen (PSE, allemand), Philippe Busquin (PSE, belge), Vittorio Prodi (ALDE, italien) et Umberto Guidoni (GUE, italien) ont, en compagnie de l'universitaire américain Jeremy Rifkin, appelé mercredi dernier devant la presse à « insuffler une nouvelle dynamique européenne » pour promouvoir davantage l'économie de l'hydrogène.
« Il n'y a pas assez de visionnaires dans le paysage politique actuel porteurs de l'étendard hydrogène », a regretté Jo Leinen, qui estime que « la technologie clé pour notre avenir passe par l'économie de l'hydrogène ». Vittorio Prodi avait toutefois rappelé auparavant que des initiatives régionales avaient été mises en place dans le sillage de la plate-forme technologique européenne de l'hydrogène créée à l'initiative de son frère, l'ancien président de la Commission Romano Prodi. Déplorant que les États-Unis et le Japon consacrent 250 millions d'euros en crédits liés à la recherche en matière d'hydrogène tandis que l'investissement de l'Union oscille entre 100 000 et 150 000 euros par an, M. Leinen a souligné la nécessité d'accorder une place importante à l'hydrogène au sein du 7ème programme-cadre de R&D de l'UE (PCRD). « Il nous faut combler ce retard alors que nous possédons les ressources, les infrastructures, la technologie et que la population est prête au changement », a-t-il insisté. « L'Union doit adopter une stratégie à long terme impliquant davantage de moyens financiers et un regroupement des ressources », a renchéri Umberto Guidoni qui estime que seule une volonté globale doit permettre de promouvoir ce marché afin d'augmenter la demande encore prématurée par rapport à l'offre actuelle. Philippe Busquin a toutefois noté avec satisfaction que des marchés pour l'utilisation de piles à hydrogène sont déjà prévus d'ici 2010 pour des petits appareils électroniques, tandis que les voitures dotées de piles à combustible s'échangeront sur le marché automobile à partir de 2020. Promoteur aux premières heures de l'hydrogène, Jeremy Rifkin estime pour sa part que « la troisième révolution industrielle » pourrait bénéficier à l'Union qui devrait « considérer l'économie de l'hydrogène et les objectifs de la Stratégie de Lisbonne dans un cadre commun ». Dans un plaidoyer contre le nucléaire et le charbon propre (via la technologie de capture et stockage de carbone), M. Rifkin a par ailleurs souligné les vertus d'une énergie alternative qui n'est pas, au contraire du nucléaire, « hiérarchisée et centralisée », mais pourra être redistribuée via des « petits réseaux intelligents de distribution ». (ym - eh)