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Bulletin Quotidien Europe N° 9281
JOURNEE POLITIQUE / (eu) ue/pesd

Javier Solana assigne une nouvelle mission à l'Union européenne: empêcher le monde de se défaire, par le dialogue et par l'action

Paris, 06/10/2006 (Agence Europe) - "Empêcher le monde de se défaire", telle est la nouvelle mission assignée à l'Union européenne par le Haut représentant de l'UE pour la PESC dans son discours, vendredi 6 octobre à Paris, lors de la conférence annuelle de l'Institut d'Etudes de Sécurité de l'UE. Pour Javier Solana, "l'Europe s'y emploie" déjà "avec force et conviction" et avec un certain nombre de résultats. Des résultats qui offrent l'occasion de convaincre les citoyens de l'efficacité de l'action commune et suscitent au dehors de nouvelles attentes.

L'Europe répond à ces attentes "en considérant qu'il faut d'abord trouver une solution entre Palestiniens et Israéliens. Et ainsi d'éradiquer les discours les plus radicaux et leur traduction terroriste. En reconnaissant ses droits à l'Iran, mais en trouvant aussi les voies appropriées pour lui rappeler ses obligations les plus élémentaires. Et ainsi de contribuer à la paix et à la sécurité prescrites par la Charte des Nations Unies. En établissant un dialogue franc avec les pays non-alignés. Et ainsi de mettre un frein à la rupture entre le Nord et le Sud. En réussissant à convaincre la Chine de s'engager, au Liban par exemple. Et ainsi de préparer le continent asiatique à mieux assumer ses responsabilités au moment où l'un de ses représentants s'apprête à reprendre le flambeau de Kofi Annan", a expliqué Javier Solana. L'Europe agit par le dialogue - "je suis le premier à croire à la force de la diplomatie des mots", a-t-il dit - mais aussi par l'action - "je suis aussi, vous le savez bien, le premier à défendre l'engagement civil et militaire de l'Union européenne", a-t-il ajouté. Et cette Europe est de plus en plus sollicitée: "Il n'y a plus une crise, plus un problème, pour lesquels on ne se tourne pas vers l'Union européenne. Formidable succès ! Surtout si l'on tient compte des imperfections institutionnelles du système actuel", souligne le Haut représentant qui reconnaît cependant que cette situation nouvelle n'est pas sans poser un problème: celui des ressources, qui ne sont naturellement pas inépuisables. Malgré la contrainte des ressources, l'Europe répond présent: des Grands Lacs aux Balkans ; du Caucase à l'Asie du Sud-Est. Elle le fait en agissant seule et avec les autres: aujourd'hui, avec les Nations unies au Liban ou en République démocratique du Congo, avec l'OTAN dans les Balkans, avec l'Union africaine au Darfour ; demain par exemple avec la Ligue arabe au Proche-Orient, constate Javier Solana en observant que "c'est cela le multilatéralisme efficace".

Sur le plan institutionnel, "il est évident qu'il est plus compliqué de décider et d'agir à 25: on ne peut pas attendre de 25 Etats, avec leur histoire et leur géographie respectives, de réagir comme un seul homme lorsque survient une nouvelle crise internationale", constate le Haut représentant qui poursuit: "Faut-il dans ce cas décider d'agir à quelques-uns ? Oui, résolument j'en suis convaincu. Faut-il pour cela s'affranchir du cadre commun offert par l'Union européenne ? Non, je ne le pense pas. Pour l'avenir, lorsqu'il y aura une nécessité ou une utilité d'agir à quelques-uns quelque part dans le monde, il faudra l'assumer: que ceux qui le peuvent, agissent, en laissant aux autres, lorsqu'ils le souhaitent, la possibilité de joindre leurs propres efforts. L'absence de Constitution européenne signifie-t-elle l'échec de cette ambition ? Je ne le crois pas. Tout simplement parce que déjà aujourd'hui l'Union a les moyens d'agir. Faut-il pousser plus loin l'intégration ? Oui bien sûr ! Pour justement la rendre plus efficace. Pour justement permettre aux Etats, dans le cadre européen commun, de mieux agir. Quand ils le peuvent. Là où il le faut dans le monde".

Le Haut représentant a conclu son intervention en évoquant les liens entre la politique étrangère de l'Union et l'identité européenne, en soulignant d'une part l'importance des valeurs, de la culture et de l'histoire européennes dans la construction de l'une et de l'autre ; mais aussi en insistant sur la contribution d'une "Europe puissance responsable" à l'identité européenne. "La politique étrangère est une façon d'exprimer notre identité. Mais agir ensemble sur la scène internationale permet aussi progressivement de construire et de renforcer notre identité commune (…) Et plus nous agirons ensemble, plus nous partagerons des succès et à l'occasion des échecs ; plus nos réflexes convergeront ; plus cette idée d'une identité européenne sera plus solide et moins virtuelle", a dit Javier Solana avant d'affirmer que les Européens ne veulent pas seulement que l'Europe soit présente sur la scène internationale pour défendre des intérêts économiques mais aussi pour "défendre une certaine idée de l'Europe dans un monde plus fragmenté". (oj)

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