Bruxelles, 25/07/2006 (Agence Europe) - Les Président et Premier ministre serbes, Boris Tadic et Vojislav Kostunica, et leurs homologues du Kosovo, Fatmir Sejdiu et Agim Ceku, se sont retrouvés à Vienne le 24 juillet pour entamer les négociations politiques sur le futur statut de la province. Sans surprise, les deux parties ont campé sur leurs positions respectives, a expliqué à la presse l'envoyé spécial des Nations unies Martti Ahtisaari, qui chapeaute les pourparlers. En dépit des divergences de vues, le Haut représentant de l'UE pour la PESC, Javier Solana, cité par l'AFP, a qualifié la rencontre « un pas important » et a invité les deux parties à poursuivre leur engagement en faisant preuve de «flexibilité et de compréhension mutuelle ».
Venus dans la capitale autrichienne, devant les ambassadeurs du Groupe de contact pour le Kosovo (Etats-Unis, Royaume-Uni, France, Allemagne, Italie, Russie), pour ces premiers pourparlers directs sur le futur statut du Kosovo, Serbes et Albanais ont présenté des positions « aussi éloignées que possible », a expliqué à la presse l'envoyé spécial de l'ONU, à l'issue de la réunion à huis clos, en résumant ainsi les positions des deux parties: « Belgrade accepte tout sauf l'indépendance (de la province) tandis que les Albanais du Kosovo n'acceptent rien en dehors de l'indépendance ». Aucune avancée donc mais, selon M. Ahtisaari qui ne s'attendait pas à une percée significative, la rencontre a été satisfaisante, d'autant plus que c'était la première fois, depuis les bombardements de l'OTAN au Kosovo en 1999, que des dirigeants serbes et albanais se rencontraient. « C'était la première réunion de ce genre. Il serait faux pour moi d'espérer une quelconque percée », a expliqué M. Ahtisaari pour qui les pourparlers « francs et sincères » se sont déroulés « mieux que prévu ». Les négociations techniques se poursuivront au début du mois d'août, a-t-il annoncé.
D'entrée de jeu, les deux parties ont campé sur leurs positions bien connues. « L'indépendance est l'alpha et l'omega, le début et la fin de notre position », avait déclaré le président du Kosovo. Réaffirmant pour sa part que la Serbie « n'accepterait pas qu'un autre Etat soit créé sur son territoire », le Premier ministre serbe avait une nouvelle fois proposé « une autonomie substantielle » pour la province.
Pour le coordinateur spécial du Pacte de stabilité pour les Balkans, Erhard Busek, on se dirige inévitablement vers l'indépendance du Kosovo. « C'est certes un processus de longue haleine mais, finalement, tout cela débouchera sur l'indépendance », a-t-il déclaré au quotidien allemand Tagesspiegel du 24 juillet.