Bruxelles, 25/07/2006 (Agence Europe) - La protection des droits de l'homme et des normes de travail pour les travailleurs migrants, quels que soient leur nationalité ou leur statut juridique, doit être une priorité de l'UE si elle veut réellement s'attaquer au problème de l'exploitation des migrants clandestins. C'est en ces termes que John Monks, le Secrétaire général de la Confédération européenne des syndicats (CES), a accueilli les nouvelles propositions de la Commission pour lutter contre l'immigration illégale (voir EUROPE n° 9236). Commentant les récents événements survenus en Europe qui ont dévoilé l'ampleur du phénomène du travail forcé et de l'esclavage parmi les travailleurs migrants, John Monks s'est dit, dans un communiqué, « choqué » que des situations comme celle du camp pour travailleurs polonais découvert récemment dans le sud de l'Italie puissent se produire sur le territoire de l'UE. Selon lui, c'est « un signe que les politiques actuelles se concentrent sur les mauvaises questions et sont en grande partie incapables de protéger les gens contre l'exploitation ». M. Monks souhaite que l'on mette davantage l'accent sur les mesures préventives en matière de migration et de développement, et regrette que « l'approche de la Commission ne fait aucune référence à l'importance de la surveillance et à l'application de normes de travail minimales ainsi qu'à la protection des droits de l'homme des travailleurs migrants, de même qu'elle n'appelle pas les employeurs et leurs organisations à adopter une approche moins ambiguë en cette matière ». Pour lui, il faut donc offrir aux travailleurs migrants sans papiers et à leur famille les moyens de sortir de ces situations irrégulières et leur permettre de signaler des conditions d'exploitation sans craindre une expulsion immédiate.
Le communiqué rappelle que la CES demande que toute personne - en possession ou non des documents appropriés - doit être respectée en tant qu'être humain et doit bénéficier des droits humains de base et de normes de travail minimales (y compris des conditions de travail décentes, la liberté d'association et la protection contre le travail forcé).