Les banques européennes ont continué à prospérer en 2005 - Le quotidien français Les Echos a publié, les 12 et 13 juillet, comme chaque année, un classement annuel des 100 premières banques européennes, établi à partir des statistiques de l'agence Fitch Rating. L'environnement économique général est resté favorable en 2005, souligne l'enquête, avec une demande de crédit toujours vigoureuse du côté de la banque de détail, une situation porteuse dans le domaine de la banque d'investissement, le tout agrémenté par un niveau de provisions sur les crédits historiquement bas. Les banques ont été classées d'abord selon leur rentabilité opérationnelle sur fonds propres (Operating return on average equity (ROAE) - rapport entre le résultat opérationnel et les fonds propres). Selon ce classement, 37 banques franchissent la barre des 20% de rentabilité opérationnelle sur fonds propres. En terme de rentabilité nette, la performance est encore plus spectaculaire: 43 établissements affichent une rentabilité des fonds propres (Return On Equity - (ROE) rapport entre le résultat net et les fonds propres) supérieure à 15%. Outre les géants suisses CREDIT SUISSE et UBS, les banques britanniques et espagnoles occupent les meilleures places tandis que les établissements italiens et allemands sont sur-représentés dans le bas du classement. Voici les dix premières banques: 1) LLOYDS TSB (Royaume-Uni): 38,87% de rentabilité opérationnelle (ROAE) ; 25,30% de rentabilité des fonds propres (ROE) ; 15,520 milliards d'euros de fonds propres - BBVA (Espagne): 38,13% de ROAE ; 24,05% de ROE ; 17,405 milliards de fonds propres - 3) KAUPTHING (Islande): 33,65% de ROAE ; 28,25% de ROE et 2,693 milliards de fonds propres - 4) NORTHERN ROCK (Royaume-Uni): 33,34% de ROAE ; 23,57% de ROE et 2,300 milliards de fonds propres - 5) BARCLAYS (Royaume-Uni) ; 29,53% de ROAE ; 14,93% de ROE et 28,207 milliards de fonds propres - 6) NATIONAL BANK OF GREECE (Grèce) ; 29,51% de ROAE ; 19,34% de ROE et 3,234 milliards d'euros - 7) BANK OF IRELAND (Irlande): 29,13% de ROAE ; 26,49% de ROE et 5,366 milliards de fonds propres ; - 8) BANCO POPULAR (Espagne): 29,08% de ROAE ; 16,51% de ROE et 5,363 milliards de fonds propres ; - 9) DEPFA BANK (Irlande): 28,51% de ROAE ; 22,68% de ROE et 2,304 milliards de fonds propres ; - 10) SOCIETE GENERALE (France): 28,43% de ROAE ; 20,90% de ROE et 24,855 milliards de fonds propres. Les banques ont ensuite été classées selon leur coefficient d'exploitation (rapport entre les charges opérationnelles et le produit d'exploitation), qui rapporte donc les coûts aux recettes. La croissance des activités a permis aux banques d'engranger des bénéfices record et d'investir en conservant une couverture des coûts satisfaisante en 2005, commente Les Echos. Il en ressort que les grands groupes britanniques et espagnols restent à la hauteur de leur réputation en matière de maîtrise des coûts. Toutes les banques espagnoles (à l'exception de LA CAIXA) se trouvent dans les 50 premières places. Par contre, les Français ne sont pas très performants et les grandes banques allemandes se retrouvent une nouvelle fois dans le bas du classement, de même que les deux géants suisses (poids élevés de la banque d'investissements dans ces deux groupes). Le classement suivant donne les dix premières banques, selon leur coefficient d'exploitation: 1) BANK NEDERLANDSE GEMEENTEN (Pays-Bas): 14,29% de coefficient d'exploitation ; 322 millions d'euros de produit d'exploitation - 2) DEPFA BANK (Irlande): 26,38% ; 815 millions d'euros ; - 3) ANGLO IRISH BANK (Irlande): 26,86% ; 977 millions d'euros ; - 4) IKB (Allemagne): 32,35% ; 837 millions d'euros - 5) NORTHERN ROCK (Royaume-Uni): 33,23% ; 1204 millions d'euros - 6) MEDIOBANCA (Italie): 35,76%, 981 millions d'euros - 7) KAUPTHING (Islande): 36,07% ; 1306 millions d'euros - 8) EUROHYPO (Allemagne): 36,10%, 1501 millions d'euros - 9) HYPO REAL ESTATE BANK (Allemagne): 37,73% ; 306 millions d'euros ; - 10) BANCO POPULAR (Espagne): 39,44%, 2849 millions d'euros. En conclusion, Alison Le Bras, analyste responsable directeur financier chez Fitch Rating, remarque pour 2005 "le fait le plus marquant est que l'écart a diminué entre les meilleures (banques) en termes de rentabilité et les plus faibles. La tendance générale a été nettement positive pour les bénéfices, dans la lignée de celle de 2004 (…) Tout en améliorant leurs performances, les grandes banques allemandes restent quelque peu en retard au regard de leurs consœurs européennes. Les britanniques sont les plus rentables en moyenne". Elle prévoit, pour 2006, le maintien du niveau de rentabilité des grandes banques pour 2006, voire même une amélioration, si l'environnement ne se modifie pas.