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Bulletin Quotidien Europe N° 9237
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JOURNEE POLITIQUE / (eu) ue/afghanistan

Les Européens doivent se préparer à subir des pertes en Afghanistan, estime Francesc Vendrell

Bruxelles, 20/07/2006 (Agence Europe) - Alors que la Force internationale d'assistance à la sécurité en Afghanistan remplacera le 31 juillet les forces de la coalition dans le sud, le représentant spécial de l'UE en Afghanistan, Francesc Vendrell, a indiqué que « l'opinion publique doit être préparée à réaliser qu'il y aura des pertes » sur le terrain. « Cette année sera particulièrement difficile » compte tenu de la passation de pouvoirs entre les forces de la coalition et celles de l'ISAF, a-t-il prédit. Actuellement, 3000 troupes britanniques sont stationnnées à Helmand, 2000 soldats canadiens sont à Kandahar et 1600 troupes hollandaises assistées des forces australiennes seront à Uruzgan dans les prochaines semaines. « Il y aura des attaques contre eux », a prédit M. Vendrell, rappelant que les activités des talibans et des rebelles ont tendance à croître durant la période estivale. « Les talibans sont fiers de penser que nous les Européens ainsi que les Canadiens sommes des cibles faciles et que s'il y a assez d'activités et assez de morts, nous allons partir du pays », a-t-il affirmé, même s'il a estimé qu'ils avaient « complètement tort » de penser cela. Et d'ajouter: « Nous devrons voir quelle sera la situation à la fin de l'été, d'ici octobre ou novembre ». Si la situation en Afghanistan n'est pas bonne aujourd'hui, elle ne l'était pas plus avant, a tenu à signaler M. Vendrell pour qui « le fait de clamer la victoire au bout de deux ans était un peu stupide ». Sur le futur du pays, il est resté prudent en disant que l'« on ne peut pas réussir en 2 voire 5 ans dans un pays complètement détruit et aussi complexe que l'Afghanistan ». Il en a donc conclu que l'UE allait être engagée sur place pendant longtemps.

Revenant sur la mission première de la communauté internationale en Afghanistan, M. Vendrell a déclaré que « nous ne sommes pas seulement là pour chasser les talibans. Il y a aussi la question de créer un espace suffisant de sécurité pour conduire le développement ». Il a toutefois reconnu que ce défi n'avait pas encore pu être relevé dans le sud du pays, notamment à cause d'un « cercle vicieux » suivant lequel « la mauvaise sécurité conduit à avoir moins de reconstruction » et « le manque de reconstruction produit plus d'insécurité ». Le sud est aussi marqué par un manque de gouvernance, des problèmes de corruption, de mauvaise administration et l'inégale distribution des terres. Pour l'instant, « la population dans le sud est sceptique car pas assez de choses ont été accomplies selon eux », note M. Vendrell, qui reproche à la communauté internationale de ne pas avoir démontré son efficacité les quatre dernières années. Au passage, il a relevé que la situation dans le Nord est différente en termes de sécurité puisque les talibans sont moins apparus ces derniers temps. Pourtant les problèmes quotidiens restent les mêmes que dans le sud. Selon lui, la stratégie n'est donc « pas seulement militaire », elle est aussi politique et se fonde sur la reconstruction. Sur le plan politique, M. Vendrell s'est félicité que le président Karzaï ait remplacé les gouverneurs « problématiques » dans le sud du pays à cause d'un manque de bonne gouvernance et que plusieurs chefs de police professionnels aient été nommés. Il a aussi insisté sur la nécessité pour le gouvernement afghan de former les Afghans. « L'apprentissage de la population afghane constitue donc une partie essentielle du travail à réaliser dans les 5 prochaines années », a-t-il jugé, prenant en compte le fait que la plupart des gens éduqués ont quitté le pays pour rejoindre l'Ouest où la diaspora afghane compterait environ 500 mille personnes. D'après lui, la plupart ne reviendront pas, surtout si la situation ne s'améliore pas. Il a aussi regretté le fait qu'il n'y ait pas suffisamment de policiers et surtout pas assez de policiers entraînés, ni assez d'équipements. Les Italiens et les Allemands se seraient engagés à fournir au gouvernement afghan des équipements (anti-émeutes, etc.) dans les prochaines semaines.

Le représentant spécial de l'UE en Afghanistan a par ailleurs révélé plusieurs erreurs commises dans le passé qui envenimaient toujours la situation présente. « Je pense que c'était une erreur de regarder les moudjahiddines en tant qu'alliés après la chute des talibans. Ils auraient dû être directement désarmés », a-t-il déploré. Les troupes étrangères n'étaient, selon lui, pas préparées à supporter le Président Hamid Karzaï à propos de ce désarmement. L'autre erreur réside dans le fait d'avoir gardé l'ISAF à Kaboul en janvier 2002. M. Vendrell aurait en effet souhaité que l'ISAF, qui en avait les possibilités, se déploie dans tout le reste du pays, excepté les lieux où les talibans sont présents. Il a également tenu à rappeler que l'ISAF avait un mandat de peacekeeping et aussi de peace enforcement.

Sur le terrain, les forces afghanes et celles de la coalition ont repris mercredi un district de l'extrême sud de l'Afghanistan occupé la veille par les talibans, a annoncé le ministère afghan de la Défense, dans des propos repris par AFP. Des militants talibans avaient occupé les districts de Garmser et Naway-e-Barakzayi, dans la sud de la province d'Helmand, une des plus touchées par la rébellion des talibans. Garmser, en bordure du désert du Baloutchistan, à 200km de la frontière pakistanaise, était tombé aux mains des rebelles après deux semaines de combats, avait indiqué mardi le porte-parole de la Défense afghane, Karim Rahimi. (Source: notre publication « Nouvelles Atlantiques »).

 

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