Bruxelles, 16/06/2006 (Agence Europe) - « Une Serbie pacifique et prospère, parfaitement intégrée à la famille des nations européennes, est très importante pour la stabilité de la région »: dans ses conclusions sur les Balkans occidentaux, le Conseil européen a voulu envoyer un message positif en direction de la Serbie, malmenée ces derniers temps notamment par la suspension des négociations en vue de conclure un accord de stabilisation et d'association avec l'UE (ASA) et l'indépendance du Monténégro. « Nous sommes totalement conscients de la frustration et de l'amertume de la Serbie » dans le contexte actuel, avait déclaré la veille devant la presse la ministre autrichienne des Affaires étrangères Ursula Plassnik, après le dîner des ministres des Affaires étrangères de l'UE. « Nous avons parlé de ce qu'on pourrait faire pour soutenir la Serbie et pour l'aider à utiliser sa perspective européenne », a-t-elle indiqué. L'idée est de définir une sorte de stratégie pour la Serbie - avec des incitants comme une facilitation des visas, des échanges académiques, une éventuelle reprise des négociations ASA - pour l'encourager à poursuivre sur la voie des réformes. Cependant, la coopération de Belgrade avec le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPIY), qui est essentielle, demeure insuffisante, a expliqué Mme Plassnik. « Il n'y aura pas de raccourci » sur le chemin de la Serbie vers l'intégration à l'Union européenne: la Serbie doit coopérer pleinement avec La Haye, a prévenu la Présidente du Conseil, en ajoutant cependant que « ce soir, il y avait une grande volonté d'aider la Serbie sur ce chemin ».
Dans ses conclusions, le Conseil européen invite en outre la Serbie et le Monténégro, fraîchement indépendant, à « mener un dialogue direct et constructif sur leurs relations futures ». Il insiste sur la nécessité de poursuivre la mise en œuvre des normes au Kosovo, parallèlement aux négociations en cours sur la question du futur statut de la province, et rappelle que, une fois le statut déterminé, l'UE est prête à renforcer son rôle au Kosovo en particulier dans les domaines de la police, de l'Etat de droit et de l'économie » (une équipe de planification de l'UE est en ce moment au Kosovo afin de préparer une éventuelle mission Etat de droit de l'UE en Kosovo: NDLR). Le Conseil européen encourage les autorités de Bosnie-Herzégovine à faire des progrès dans la mise en œuvre de la réforme de la police et souligne l'importance de procéder à une réforme constitutionnelle. Il invite également toutes les parties dans l'ancienne république yougoslave de Macédoine (Arym) à « veiller à ce que les élections législatives du 5 juillet se déroulent conformément aux normes internationales » en la matière.
De manière générale, le Conseil européen indique que l'UE va continuer à « étayer » ses politiques en faveur des Balkans occidentaux « via une aide financière proportionnée, notamment par le biais de l'instrument d'aide de préadhésion qui sera mis en œuvre l'an prochain ». La simplification des procédures en matière de visas est aussi une question « particulièrement importante » pour les habitants de la région, ajoute le Conseil qui espère que l'UE pourra adopter des mandats de négociations en cette matière « dans le courant de l'année », pour que les négociations puissent s'achever « dans les plus brefs délais, de préférence en 2007, ou plus tôt dans la mesure du possible ».