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Bulletin Quotidien Europe N° 9213
JOURNEE POLITIQUE / (eu) ue/conseil europeen/euro

Le Conseil de l'UE donne son feu vert à l'adhésion de la Slovénie à la zone euro - Cinq Etats membres acceptent de retirer un projet de déclaration soutenant la position de la Lituanie

Bruxelles, 16/06/2006 (Agence Europe) - Le Conseil de l'Union, réuni au niveau des chefs d'État et de gouvernement, a eu vendredi matin un échange de vues sur les rapports de convergence de la Commission et de la Banque centrale européenne (BCE) pour la Slovénie et la Lituanie, et a donné son feu vert à l'adhésion de la Slovénie à la zone euro. Sous pression de la Commission et de la Présidence autrichienne, cinq nouveaux États membres plus la Lituanie ont retiré un projet de déclaration conjointe qui demandait l'ouverture d'une discussion sur l'interprétation du critère de la stabilité des prix. Rappelons que l'application stricte de ce critère par la Commission et la BCE a conduit au rejet de la candidature de la Lituanie.

Dans ses conclusions, le Conseil européen a accueilli « favorablement la proposition de la Commission visant à ce que la Slovénie adopte l'euro le 1er janvier 2007 », car ce pays « respecte tous les critères de convergence énoncés dans le traité ». Il estime à ce titre que « ce premier élargissement de la zone euro à l'un des nouveaux États membres constitue une étape importante et extrêmement positive du processus d'intégration économique et monétaire de l'Union ». L'adhésion de la Slovénie à l'euro est « un symbole important » dans la mesure où il s'agit de la première adhésion d'un nouvel État membre à la zone euro, a dit à la presse Wolfgang Schüssel. Cela montre que « l'Union économique et monétaire est ouverte », a ajouté le président du Conseil européen. « Il faut féliciter la Slovénie pour ses réformes », a-t-il ajouté. « Félicitations à la Slovénie ! », a fait écho José Manuel Barroso, Président la Commission européenne. Afin de boucler formellement la procédure, le Conseil Ecofin du 11 juillet devra adopter, à la majorité qualifiée, la proposition de décision de la Commission.

Les discussions sur le cas lituanien se sont révélées moins consensuelles. Suite aux débats animés du dernier Conseil Ecofin, cinq États membres (Hongrie, Lettonie, Pologne, République tchèque et Slovaquie) plus la Lituanie avaient l'intention de présenter vendredi une déclaration conjointe. Selon le projet de déclaration, ces six pays estimaient que « les rapports de convergence 2006 sur la Lituanie ont révélé la nécessité de lancer une discussion sur l'interprétation du critère de la stabilité des prix afin de mieux refléter les dynamiques économiques de l'Union européenne élargie ». Ils souhaitaient attirer l'attention des délégations sur « les incertitudes qui persistent » dans l'application de ce critère, notamment en matière de « définition des États membres les plus performants » et d'« évaluation du caractère durable de l'inflation », et avançaient également l'hypothèse d'une évaluation fondée sur les pays de « la zone euro » et non de l'UE tout entière. Ces pays notaient que « la Lituanie reste convaincue de sa capacité à intégrer la zone euro au 1er janvier 2007 ». En séance, le Président lituanien Valdas Adamkus a souligné que son pays ne souhaite « pas » « une modification des traités » et ne la demande pas. Il a estimé que « le critère de la stabilité des prix ne devrait pas à l'avenir devenir un obstacle » à un pays souhaitant rejoindre la zone euro. Il a assuré que la « stratégie (lituanienne) de convergence demeure inchangée » car la monnaie constitue « une composante naturelle de (sa) politique économique ».

La Lituanie a fait des « progrès solides » et nous l'encourageons à rejoindre la zone euro « le plus rapidement possible », a déclaré José Manuel Barroso à l'issue du Sommet, en assurant que « la Commission soutient pleinement l'adoption de l'euro par la Lituanie ». Interrogé sur les pressions exercées sur ces pays afin qu'ils retirent leur déclaration, le président de la Commission Barroso s'est défendu: « Moi, je n'ai pas demandé aux Cinq de retirer leur déclaration, mais je leur ai clairement dit qu'une telle déclaration minoritaire n'était pas utile. Le retrait était donc logique ». Lui emboîtant le pas, Wolfgang Schüssel a marqué son « accord » avec ces propos: « Une telle déclaration aurait provoqué des contre-déclarations, ce qui aurait été nuisible pour la zone euro car il faut éviter les incertitudes ». Matti Vanhanen, Premier ministre finlandais, rappelle pour sa part que « les règles ne peuvent être changées qu'à l'unanimité », et insiste sur l'importance de « la crédibilité de la monnaie unique ».

Dans ses conclusions, le Conseil européen « félicite (…) la Lituanie pour les résultats qu'elle a obtenus en matière de convergence et exprime son soutien aux politiques orientées vers la stabilité menées par les autorités lituaniennes, qui devraient assurer un environnement de stabilité des prix, condition nécessaire exigée par le traité, pour une introduction réussie de l'euro en Lituanie dans les plus brefs délais ». Le rapport de convergence pour la Lituanie avait indiqué que ce pays ne respectait pas le critère d'inflation du Pacte de stabilité. Sur la période de référence, le taux d'inflation lituanien a été en effet de 2,7% par rapport aux 2,6% autorisés et présentait des perspectives défavorables à moyen terme. Pour cette raison, la Commission n'avait donc pas proposé que la Lituanie adhère à l'euro à partir de janvier 2007. Mécontente de cette appréciation, la Lituanie avait soulevé la question de la méthodologie appliquée à la détermination du critère d'inflation, lors du dernier Conseil Ecofin (voir EUROPE n°9206).

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