Bruxelles, 12/06/2006 (Agence Europe) - A quelques jours du Conseil européen, European Citizen Action Service (ECAS) a organisé une conférence-débat sur le Plan D de la Commission européenne, intitulée « Le droit du citoyen de savoir ». Le plan D comme Démocratie, Dialogue et Débat constitue l'apport de la Commission à la période de réflexion sur l'avenir de l'Europe, engagée par le Conseil européen de juin 2005, suite aux échecs de la ratification du Traité constitutionnel par la France et la Hollande. Sous la présidence du vice-président du Parlement européen, Alejo Vidal-Quadras Roca (PPE-DE espagnol), cette conférence a été l'occasion pour la Commission de présenter un bilan d'ensemble des actions entreprises depuis un an pour encourager les citoyens à participer à la vie des institutions européennes, mais aussi d'écouter les propositions de membres de la société civile.
La Commissaire européenne Margot Wallström s'est réjouie de dénombrer 660 activités dans les Etats-membres dans le cadre du plan D. Des Commissaires européens se sont rendus dans plusieurs Etats-membres, et plus d'une centaine de contacts ont été recensés avec les Parlements nationaux. Les journées portes ouvertes des représentations de la Commission dans les Etats membres ont permis de tenir des conférences et des rencontres avec la presse. L'opération « Journée de Printemps 2006 » en direction des jeunes européens a été organisée dans plus de 7.000 écoles. Margot Wallström se félicite par ailleurs du succès des consultations par internet: la réussite de « Debate Europe » est à la fois quantitative (400.000 hits, plus de 8.000 contributions) et qualitative puisque de nombreux jeunes y ont participé. Cependant, Mme Wallström reconnaît que la coopération et la coordination des institutions européennes avec les autorités locales, régionales et nationales doivent s'améliorer à l'avenir. Mme Wallström le rappelle: « travailler au niveau local doit être le mot d'ordre ».
La Commission regrette aussi la faiblesse des fonds attribués à l'initiative et M. Alejo Vidal-Quadras Roca exhorte le Parlement européen à demander davantage de moyens pour la communication des institutions européennes. Selon lui, « les ressources humaines et financières sont trop faibles pour combler le fossé informationnel entre l'Union et les citoyens », alors qu'il existe « une réelle demande du public pour plus de communication. (…) Dans cette optique, le plan D n'est pas un plan de sauvetage ; il est la traduction de la voix de la population, la concrétisation des intérêts des citoyens en actions ».
D'autres actions sont à entreprendre à l'égard des médias. Selon Luis Herrero-Tejedor (PPE-DE espagnol) rapporteur du Parlement européen sur le Livre Blanc de la Commission, il existe une « faim de débats » aux quatre coins de l'Europe. Le correspondant de la Frankfurter Allgemeine Zeitung Michael Stabenow, Président de l'Association de la Presse Internationale (API), a mis cependant en garde la Commission contre toute « confusion entre communication et information ». Margot Wallström a rassuré une fois de plus les journalistes présents quant à la création d'une Agence de presse européenne. Cette proposition n'est plus à l'ordre du jour, les efforts de la Commission se concentrant désormais sur la chaîne de télévision Europe by Satellite (EbS). Les participants étaient d'accord sur l'idée que les médias véhiculent l'image préconçue d'une Union européenne ennuyeuse, éloignée des préoccupations quotidiennes des citoyens. Selon Jo Leinen (PSE, allemand), président de la commission constitutionnelle, « on parle toujours de compétitivité, de profits, pas assez de solidarité ». Margot Wallström le reconnaît: « dans leur développement, la Commission et l'UE n'ont pas pu suivre le citoyen à sa vitesse ». Les actions de l'Union européenne en termes de paix, de démocratie, de droits de l'Homme, mais aussi en termes d'environnement, de santé doivent être portées à la connaissance du grand public.
Margot Wallström l'affirme: « la Constitution était un projet élitiste. Les citoyens doivent savoir qu'ils ont été entendus (…). Il n'y avait pas de Plan B, car les institutions européennes n'avaient pas connaissance des attentes des citoyens. Ce n'est désormais plus le cas ». Sur le Traité constitutionnel, les institutions européennes doivent se montrer fermes sur le contenu et flexibles sur la forme. Une renégociation du contenu n'est pas souhaitable, mais il faut s'attacher à mieux expliquer les nouveautés qu'il comporte, lui donner une image plus séduisante. « Une dose de poésie est nécessaire pour chaque projet », a commenté Alejo Vidal-Quadras Roca, qui appelle le Conseil à établir une feuille de route pour sortir de l'impasse. 2007 sera le 50ème anniversaire du Traité de Rome: l'occasion est belle pour marquer cet événement d'une pierre blanche.