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Bulletin Quotidien Europe N° 9209
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JOURNEE POLITIQUE / (eu) pe/apem

Palestine et droits de l'homme débattus au sein de la Commission politique, de sécurité et des droits de l'homme

Bruxelles, 12/06/2006 (Agence Europe) - La commission politique, de sécurité et des droits de l'homme de l'APEM (Assemblée parlementaire EuroMed), réunie le 7 juin à Bruxelles, a débattu de la délicate situation au Moyen-Orient que la suspension de l'aide européenne et occidentale risque d'aggraver, selon un avis quasi-unanime des parlementaires (EUROPE n° 9206). Un communiqué commun longuement négocié, publié en fin de session, demande la "mise en place rapide", d'un "mécanisme provisoire d'aide, couvrant sans restrictions tous les aspects de la vie quotidienne des palestiniens, y compris les dépenses relatives au paiement des salaires des administrations".

La commission parlementaire a ensuite ouvert son ordre du jour, pour la première fois, à un débat sur la situation politique d'un des pays membres, en l'occurrence la Tunisie, suite à l'interdiction (un simple report, soutiennent les députés tunisiens) du congrès de la Ligue des droits de l'homme (LTDH). Ce débat a été lancé suite à une demande de Pasqualina Napoletano (PSE, italienne) qui a pointé du doigt les autorités tunisiennes accusées de ne pas tenir leurs engagements d'ouverture politique, et aussi parce qu'une parlementaire européenne du PE, la verte française Hélène Flautre, présente à Tunis pour le Congrès, aurait été "mal accueillie". Ce n'est pas un problème personnel mais une "affaire de dignité" d'un membre du PE, et dans le cas d'espèce de la présidente de la sous-commission des droits de l'homme en Tunisie, a dit Mme Napolitano. Quant à Mme Flautre, elle a expliqué les conditions dans lesquelles elle a observé les faits sur place. Lors du débat, il a été souligné que la situation est d'autant plus critiquable que la Tunisie assure pour un an la présidence de l'APEM. Le député tunisien Salah Tabarki a répondu en faisant valoir que le gouvernement n'a strictement rien à voir avec cette affaire "purement interne" à la LTDH opposant deux courants politiques dont l'actuelle direction de la Ligue, qu'il accuse d'être une alliance d'extrémistes, de gauche et de droite. L'affaire est devant la justice, et c'est à ce titre que le gouvernement a agi pour faire respecter la loi, a-t-il expliqué. Mme Napoletano, pas satisfaite de cette réponse, a, tout en assurant qu'elle ne voulait pas "agresser" son collègue, appelé à "distinguer entre les députés et les agents du ministère de l'intérieur" tunisien. Selon elle, il y a à Tunis un "problème de cohérence", et "il est difficile d'avoir des relations normales dans un tel contexte". La principale conclusion de ce débat a été que la commission politique de l'APEM inaugure une pratique nouvelle, et sa présidente Tokia Saïfi (PPE, française) a promis qu'à chaque session, un thème similaire sera inscrit à l'ordre du jour, y compris sur des situations impliquant un Etat membre de l'UE. Proposition bien retenue par Tayssir Kubaa, Palestinien, qui suggère un large débat sur les pratiques israéliennes dans les territoires occupés.

La session s'est terminée sur une présentation du programme confiée par la Commission européenne au réseau d'instituts politiques Euromesco, chargés d'organiser une série de séminaires régionaux pour la promotion de la démocratie et le respect des droits de l'homme et les questions de société civile en général. Le premier de ces séminaires aura lieu en septembre à Meknès (Maroc).

On retiendra enfin un point d'ordre institutionnel. Mme Saïfi a notifié que l'APEM a décidé de maintenir la répartition actuelle des postes en son sein: une vice-présidence, actuellement assurée par le président du Parlement européen Josep Borrell, une présidence de la Commission politique exercée par Tokia Saïfi et une vice-présidence de la commission économique assurée par la socialiste portugaise Jamila Madeira. Mais Mme Napoletano a fait acter que la décision ne concerne pas les personnes mais les délégations ou les institutions, et qu'il faudra sans doute revoir les désignations lorsque le PSE cédera la présidence du Parlement européen (et donc la vice-présidence de l'APEM) au président du groupe PPE-DE Hans-Gert Pottering. Le socialiste espagnol Carlos Carnero reste candidat au poste actuellement occupé par Mme Saïfi au nom du Parlement européen.

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