Pays en développement: en 2005, les pays en développement ont enregistré un record d'entrées de capitaux étrangers, selon le dernier rapport de la Banque mondiale (« Financement du développement », 2006). Les entrées nettes de capitaux privés dans ces pays ont, en effet, atteint un niveau record de 491 milliards de dollars l'an dernier contre 396,6 milliards l'année précédente, soit une augmentation de 23,6%. Toutes les régions du monde ont profité de ces capitaux mais l'Europe orientale et l'Asie centrale se sont taillées la part du lion en raison des privatisations, fusions-acquisitions et investissements qui s'y sont multipliés. Dix pays en particulier continuent de mobiliser la majorité des investissements directs étrangers (IDE): la Chine, la Russie, le Brésil, le Mexique, la République tchèque, la Pologne, le Chili, l'Afrique du Sud, l'Inde et la Malaisie. Le rapport note une légère amélioration dans cette répartition puisque ces dix favoris attirent 65% des capitaux privés au lieu de 75% à la fin des années 1990. Les flux d'IDE de pays du Sud à pays du Sud ont, par ailleurs, augmenté, passant de 14 milliards de dollars en 1995 à 47 milliards en 2003, ce qui représente 37% des IDE des pays en développement. La plupart des IDE Sud-Sud émanent d'entreprises de pays à revenu intermédiaire qui investissent dans leur propre région. C'est le cas, par exemple, des entreprises russes et hongroises qui investissent en Europe de l'Est et en Asie centrale et des sociétés sud-africaines qui investissent dans d'autres pays de l'Afrique australe. En revanche, la moitié des IDE chinois visent des projets axés sur les ressources naturelles en Amérique latine. Le Brésil a, quant à lui, investi massivement en Angola et au Nigeria. Selon François Bourguignon, économiste en chef de la Banque mondiale, « cet accroissement de flux de capitaux témoigne d'un regain de confiance dans l'avenir économique de plusieurs pays en développement ». Les investisseurs ont vu, estime la Banque, une opportunité dans la croissance du PIB qui a atteint 6,4% pour les pays à revenu faible et à revenu intermédiaire en 2005, sous l'impulsion de la Chine et de l'Inde (respectivement, croissance du PIB de +9,9% et +8%). Si l'on fait abstraction de ces deux pays, le taux de croissance des autres pays en développement importateurs de pétrole s'établit à 4,3%, contre 5,7% en 2004. Le rythme de la croissance devrait dépasser 5% jusqu'à la fin de 2008 en Afrique, en Asie et en Europe de l'Est et se rapprocher de 4% en Amérique latine, alors que les pays riches connaissent une stagnation à 2,8%. Infos: http: //http://www.worldbank.org