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Bulletin Quotidien Europe N° 9202
JOURNEE POLITIQUE / (eu) pe/avenir de l'europe

Guy Verhofstadt explique au PE sa proposition pour un renforcement de l'Eurogroupe - « Il faut poursuivre la ratification de la Constitution, car atteindre le seuil des 4/5 n'est pas utopique »

Bruxelles, 31/05/2006 (Agence Europe) - Le Premier ministre belge, Guy Verhofstadt, a réitéré mercredi devant la session plénière du Parlement européen à Bruxelles, dans le cadre d'une discussion générale sur l'avenir de l'Europe, son appel en faveur d'une « gouvernance économique communautaire » dans l'UE, « au moins au niveau de l'Union monétaire », et pour un renforcement de l'Eurogroupe, « sur le plan institutionnel et sur le plan du contenu ». Il a aussi plaidé avec vigueur en faveur de la poursuite du processus de ratification de la Constitution européenne en mettant beaucoup d'espoir sur l'option qui a été prévue par les dirigeants de l'UE dans une déclaration annexée au Traité constitutionnel et qui stipule qu'au moment où le texte aura été approuvé par 4/5 des pays membres (soit 20 ratifications, alors que l'on est actuellement à 15), le Conseil européen pourra « se saisir à nouveau de la question » pour décider de la suite du processus.

Une monnaie commune, comme l'euro, et une union monétaire, comme celle de l'Eurogroupe, « sont vouées à s'éteindre si elles ne sont pas relayées par une approche commune face aux défis sociaux et économiques », a expliqué M.Verhofstadt. En effet, « un manque de réforme au niveau d'un seul pays aura inévitablement des répercussions sur l'état de santé des autres pays, en d'autres termes: de la zone euro tout entière ». Si quelqu'un devait encore douter de la nécessité d'avoir une gouvernance économique au moins dans une union monétaire, « il suffit d'imaginer les Etats-Unis d'Amérique avec leur monnaie unique, le dollar, avec leur Banque centrale, la Fed, et avec des politiques économiques qui seraient différentes dans chacun des 50 Etats. Ce serait une situation ingérable. Or, cette situation ingérable, nous la subissons aujourd'hui au niveau de l'UE ou du moins la zone euro. Et puis on se demande pourquoi nous n'avons pas la même croissance économique que les autres zones économiques du monde ». Comment renforcer l'Eurogroupe ? M.Verhofstadt a cité plusieurs éléments: - une préparation conjointe (des pays de l'eurozone) du Conseil européen de printemps ; - la rédaction fréquente de rapports et de recommandations pour la zone euro ; - la fixation de points de départ macro-économiques communs lors de la confection des budgets nationaux ; - l'élaboration de critères de convergence dans des matières comme la politique sociale, fiscale ou économique ; - la convocation de réunions sectorielles (autres que celles des ministres des Finances) des pays membres de l'eurozone: des ministres du Travail, des affaires sociales, de la politique scientifique, etc. ; - une représentation autonome dans les organismes financiers internationaux, « ce qui est tout simplement logique si on a une union monétaire et une monnaie unique ». M.Verhofstadt a insisté sur le fait qu'il ne veut exclure « personne », car sa proposition vise à la fois les membres actuels de l'Eurogroupe que ceux qui vont y adhérer à l'avenir. « Si les 25 pays, ensemble, parviennent à développer une nouvelle stratégie communautaire, j'accorderai évidemment ma priorité à une telle approche conjointe. Mais si cela devait s'avérer impossible, ce que je crois chaque jour un peu plus, alors il ne peut pas être question de ne rien entreprendre. Dans ce cas, c'est l'Eurogroupe qui doit agir », a dit M.Verhofstadt. La mise en œuvre de la stratégie de Lisbonne n'a pas fonctionné jusqu'ici en raison de l'approche purement intergouvernementale sur laquelle elle est fondée avec, pour conséquence, que la compétitivité de l'Europe diminue plutôt que d'augmenter. « La conclusion s'impose: la méthode intergouvernementale ne fonctionne pas, il faut une approche communautaire contraignante, une véritable gouvernance socio-économique commune ». En renforçant la stratégie de Lisbonne, « avec une méthode contraignante communautaire, l'UE peut renouer avec succès du passé ». D'autres domaines exigent « plus d'Europe », selon le Premier ministre belge: la recherche et le développement (« le brevet européen devient une nécessité urgente »), la justice, la sécurité, la lutte contre l'immigration illégale et le terrorisme ainsi que la politique étrangère et de sécurité commune (Pesc). Sur ce dernier point, M.Verhofstadt a été explicite: « Seule une défense européenne peut nous approcher d'une telle politique étrangère et de sécurité commune ».

A propos de la Constitution européenne, le Premier ministre belge a estimé qu'un an après les « non » français et néerlandais, « la confusion est toujours là » d'autant plus que « la période de réflexion n'a pratiquement donné aucun résultat ». « Au lieu d'une explosion d'idées, on assiste à un silence assourdissant ! », a dit M.Verhofstadt qui a aussi lâché un mot sur l' « Europe des projets » (entre-temps rebaptisé « Europe des résultats ») chère à José Manuel Barroso: « L'on parle de l'Europe des projets, alors que nous avons besoin d'un projet pour l'Europe ». Il faut poursuivre le processus de ratification et espérer qu'après l'Estonie (le 15ème pays membre) et probablement la Finlande (qui serait le 16ème), d'autres pays membres ratifient le texte, de manière à ce que le seuil des 20 soit atteint, ce qui permettra au Conseil européen de se saisir à nouveau du dossier. « Atteindre le seuil des 4/5 est loin d'être utopique. Si nous l'obtenons, alors on sera devant une toute nouvelle situation avec de nouvelles perspectives », a estimé M.Verhofstadt. Il a aussi plaidé pour la poursuite du processus d'élargissement de l'UE. « L'Union doit être élargie, c'est la seule garantie pour garantir la paix durable et la stabilité ».

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