Bruxelles, 03/05/2006 (Agence Europe) - L'accélération du rattrapage économique des dix nouveaux Etats membres conjuguée aux nouvelles opportunités d'échanges et d'investissements pour les anciens pays de l'UE font du dernier élargissement « une réussite indéniable sur le plan économique », a déclaré mercredi Joaquin Almunia. S'exprimant devant la presse après l'adoption par le collège des Commissaires d'une communication évaluant la situation économique deux ans après l'élargissement, le Commissaire aux affaires économiques et monétaires s'est dit convaincu d'avoir « des arguments frappants à présenter à l'opinion publique européenne ». Des arguments non pas de rhétorique, mais factuels, a-t-il souligné, jugeant que l'élargissement est « une opération gagnant-gagnant entre anciens et nouveaux Etats membres » et qu'en conséquence, l'économie européenne est susceptible de « mieux affronter les défis de la mondialisation ». Pour Olli Rehn aussi, « la preuve évidente que les économies de tous les États membres profitent des retombées positives de l'élargissement devrait dissiper les craintes non fondées ». Le Commissaire chargé de l'élargissement rappelle ainsi que « de nombreux scénarios pessimistes ont été imaginés avant l'élargissement aux pays de l'est de l'Europe, mais aucun d'eux ne s'est concrétisé ».
La communication de la Commission porte principalement sur les deux années écoulées, mais aussi sur la période précédant l'adhésion des dix nouveaux pays le 1er mai 2004. Sur le plan économique, l'élargissement a été « un succès très clair » pour les nouveaux Etats membres comme pour les anciens, s'est évertué à démontrer M. Almunia, soulignant la dynamique créée par le rapprochement à l'UE. La croissance économique a ainsi atteint 3,75% entre 1997 et 2005 dans les nouveaux Etats membres (contre 2,5% en moyenne dans l'UE-15), qui ont connu une stabilisation macro-économique et des marchés financiers, contribuant à offrir des opportunités commerciales et d'investissements pour les entreprises issues d'anciens Etats membres. La part de l'UE-15 dans le total des échanges de l'UE-10 est en effet passée d'environ 56 % en 1993 à 62 % en 2005, avec pour corollaire dans les dix pays des déficits commerciaux significatifs, quoi que décroissants (environ 3 % du PIB en 2005). Selon un calcul de la confédération des industries danoises, l'augmentation des exportations vers les pays d'Europe centrale et orientale a généré 35.000 emplois au Danemark, a même indiqué Olli Rehn.
En termes d'investissements directs étrangers (191 milliards d'euros en 2004, soit 40 % du PIB total de l'UE-10), la progression est importante dans la mesure où ces investissements étaient pratiquement inexistants une dizaine d'années plus tôt. Déception en revanche à ce stade du point de vue du chômage, où l'adaptation n'a pas encore permis d'atteindre les scores enregistrés par les Quinze. Avec 13,4% de la population active, le taux de chômage des Dix dépasse encore celui des anciens Etats membres de 5,5 points.
Minimisant les effets de l'élargissement en termes de délocalisations d'entreprises et donc de pertes d'emplois, la Commission souligne aussi que les craintes ressenties dans les anciens Etats membres sont « exagérées ». Si des relocalisations peuvent avoir un impact significatif dans certains secteurs comme le textile, les matériels de transport ou la production de technologies d'information et de communication, « il n'y a pas de raisons de croire qu'un transfert massif d'activités et d'emplois des anciens Etats membres vers les nouveaux est en cours », ajoute le rapport. D'après notre analyse, le nombre d'emplois affectés dans les Quinze n'est « pas élevé », a confirmé M. Almunia. Invité par la presse à pronostiquer les effets d'une adhésion de la Turquie, le Commissaire Almunia n'a pas souhaité faire de parallèle entre cette analyse spécifique du dernier élargissement et toute échéance future. Il a simplement rappelé que cette étude vient corroborer des phénomènes économiques déjà observés lors de précédentes adhésions.
La communication et l'étude du bureau des conseillers économiques (BEPA) et de la Direction générale des affaires économiques et financières est disponible sur le site Internet de la Commission: http://www.europa.eu.int/comm/economy_finance/publications/occasionalpapers_en.htm .