Bruxelles, 03/05/2006 (Agence Europe) - L'association des organisations nationales d'entreprises de pêche de l'UE (Europêche) et la section « pêche » de la Confédération générale des coopératives agricoles de l'UE (Cogeca) s'opposent à la fermeture, 15 jours par mois, de la pêche à l'anguille dans l'UE, une mesure de sauvegarde proposée par la Commission européenne et qui a déjà été rejetée par la plupart des Etats membres. Le Parlement européen devrait lui aussi émettre de vives critiques contre la proposition, lors de son vote, le 16 mai à Strasbourg, du rapport d'Albert Jan Maat (PPE-DE, néerlandais) (voir EUROPE n°9178 sur le contenu du projet de rapport adopté le 19 avril en commission parlementaire de la pêche).
Europêche et la Cogeca observent que durant son cycle de vie en eau douce, l'anguille est soumise à de nombreux autres dangers que la pêche, comme les turbines des centrales hydro-électriques, les barrages et les digues, la pollution marine, les changements climatiques, les prédateurs naturels (comme les cormorans). Les mesures à prendre pour protéger l'anguille doivent donc, selon les professionnels du secteur de la pêche, tenir compte de l'ensemble de ces facteurs et ne pas viser uniquement le pêcheur en interdisant cette activité 15 jours par mois. Les organisations rappellent que lors de l'« atelier régional » du 20 février dernier, l'ensemble de la profession s'est opposée à une telle mesure « qui ne tient pas compte des conséquences socio-économiques qu'elle engendre sur le secteur (…) et qui est de nature à mettre en danger les mesures déjà adoptées par certains Etats membres » pour gérer la ressource en anguilles dans les rivières et les bassins.
Europêche et la Cogeca admettent le besoin d'une action au niveau communautaire pour restaurer le stock d'anguille, mais demandent de laisser le soin aux Etats membres, dans le cadre de leurs programmes de gestion nationaux, de choisir eux-mêmes les mesures de protection qu'ils jugeront les mieux adaptées aux conditions locales, y compris une limitation éventuelle de la pêche. Parmi les mesures envisageables, Europêche et la Cogeca citent la limitation de l'utilisation d'engins actifs à des périodes déterminées, l'élevage et le déversement en mer d'anguilles argentées ou encore la fixation d'une taille minimale de capture à 40 cm.
En outre, la profession critique l'objectif fixé par la Commission consistant à atteindre un taux d'échappement de 40% pour les anguilles argentées adultes qui migreraient vers la mer. Cet objectif est de nature à poser des problèmes pratiques, sachant que la source d'un cours d'eau peut se trouver dans un Etat membre alors qu'il aboutit à la mer dans un autre Etat membre.