Bruxelles, 21/03/2006 (Agence Europe) - Les ministres des Affaires étrangères de l'UE, lors du Conseil de lundi (EUROPE n° 9155), ont eu un échange de vues avec le Premier ministre du Liban, Fouad Siniora. Dans des conclusions, le Conseil a réaffirmé son soutien à l'unité, la stabilité et l'indépendance du Liban et a rappelé aux pays voisins - la Syrie est particulièrement visée - qu'ils ont l'obligation de respecter la souveraineté du Liban. L'UE condamne les violences qui ont été perpétrées à l'encontre de citoyens, de journalistes et de dirigeants politiques libanais et se dit vivement préoccupée par les actes d'intimidation qui continuent d'être commis et par les atteintes au droit à la liberté d'expression, lit-on dans les conclusions. Les ministres ont aussi réitéré lundi le soutien sans réserve de l'UE à la commission d'enquête internationale sur l'assassinat de Rafic Hariri, et ils se sont félicités du rapport intérimaire du chef de la commission, le Belge Serge Brammertz. L'UE demande instamment à toutes les parties de coopérer sans conditions avec la commission d'enquête et espère que toute la lumière sera faite sur cet assassinat, ainsi que sur d'autres. Enfin, le Conseil demande que le gouvernement du Liban élabore et lance sans plus attendre le programme de réformes économiques et politiques mis en chantier lors de la réunion du groupe restreint en septembre 2005 à New York. « L'UE est prête à apporter son soutien à des projets crédibles et concrets de réformes politiques et économiques », stipulent les conclusions du Conseil. L'UE note aussi avec satisfaction que les négociations sur le plan d'action pour le Liban dans le cadre de la politique européenne de voisinage débuteront « prochainement ».
Le Premier ministre Siniora a rencontré aussi Javier Solana, Haut représentant de l'UE pour la PESC, et la Commissaire européenne aux relations extérieures Benita Ferrero-Waldner. La visite intervenait quelques jours avant l'entrée en vigueur de l'accord d'association (le 1er avril) et le premier Conseil d'association UE/Liban (le 11 avril), et l'occasion a été donnée aux différents interlocuteurs européens de souligner la nécessité d'une politique de réforme concrète, en dépit de l'obstacle que représentent le difficile dialogue inter-libanais et la question de la légitimité de l'actuel président de la république. Selon la presse libanaise, le ministre français Douste-Blazy a été le plus clair dans l'expression du message européen: « Il a affirmé le plus explicitement du monde que sans réformes économiques, il ne peut pas y avoir d'aide internationale » au Liban, indique L'Orient-le-Jour, tout en évoquant « un parcours politique » que devra suivre le Liban et qui « permettra ces réformes économiques ». Quant au Premier ministre Siniora, il retient surtout de ses entretiens la "volonté claire d'aider le Liban" et de consolider des "résultats positifs que peu de parties prévoyaient". Les entretiens du Premier ministre lui ont également permis d'évoquer la situation politique dans la région.