Bruxelles, 21/03/2006 (Agence Europe) - La Commissaire européenne aux Relations extérieures, Benita Ferrero-Waldner, est dès mardi soir à jeudi, à Rabat, pour une visite de travail placée sous le signe d'une plus forte activation de la relation bilatérale euromarocaine. « Nous travaillons très bien avec le Maroc », et « les choses avancent dans la bonne direction », a-t-elle affirmé dans une déclaration à l'agence marocaine MAP.
Le Maroc revendique, dans ses relations avec l'UE, un « statut avancé », par rapport à ses voisins de la rive sud de la Méditerranée, pour lequel son Premier ministre Driss Jettou était venu plaider le 9 mars à Bruxelles (EUROPE n° 9149). Son rôle d'avant-garde lui est reconnu à Bruxelles où l'on relève que le Maroc a adhéré à de nombreuses politiques et programmes européens (Galileo, Ciel Ouvert, etc.) et s'est déjà engagé dans des négociations pour une plus grande libéralisation des échanges agricoles. En outre, dès vendredi, des discussions formelles seront ouvertes pour la libéralisation des services. L'accord sur la pêche paraphé par les deux parties en décembre dernier et actuellement soumis à l'approbation du Conseil et du Parlement européen reste cependant à finaliser. Des réserves sont apparues du côté européen parce que les opérateurs communautaires n'ont pas pu obtenir des licences hors du quota de 60.000 t. Le Maroc, pour sa part, considère là qu'il ne fait qu'appliquer une « clause d'exclusivité » exigée par la Commission européenne, qui l'insère généralement dans les accords de pêche avec des pays tiers afin que l'activité de pêche de flottes de pêche européennes soit « clairement encadrée » par le texte signé avec elle.
La visite de travail de la Commissaire Ferrero-Waldner permettra de faire un tour d'horizon général et d'examiner la mise en œuvre du « plan d'action » conçu dans le cadre de la politique de voisinage, notamment l'appui aux programmes de réforme internes. L'ensemble des commissions et groupes de travail thématiques créés dans ce cadre sont déjà à l'œuvre, et un accord serait à portée de la main pour la création d'un sous-comité des droits de l'homme. Il sera également question de la politique de migration. L'objectif d'une « gestion équilibrée des flux » humains est jugée réalisable par la Commission européenne, et le Maroc organise, en juillet à Marrakech, une rencontre trilatérale regroupant les pays d'origine (essentiellement d'Afrique subsaharienne), de transit (méditerranéens) et de destination (pays de l'UE).