Bruxelles, 21/03/2006 (Agence Europe) - Quatre Commissaires pour une priorité commune intitulée Une large bande pour tous. Telle est l'ambition affichée mardi par Viviane Reding, Neelie Kroes, Danuta Hübner et Mariann Fischer Boel, qui souhaitent mobiliser les instruments en faveur de l'accès Internet à large bande et à haut débit pour le plus grand nombre d'Européens. « La disponibilité de connexions large bande à l'Internet est une condition indispensable pour le développement des affaires électroniques, la croissance et l'emploi dans l'ensemble de l'économie », a déclaré mardi à la presse Mme Reding, Commissaire responsable de la société de l'information et des médias, pour appuyer la stratégie adoptée lundi par la Commission. La présence à ses cotés des Commissaires chargées de la concurrence, de la politique régionale, ainsi que de l'agriculture et du développement rural, est pour Mme Reding le signe d'une détermination commune sur cette question, mais aussi du fait que « la Commission Barroso travaille comme une équipe, se coordonnant étroitement selon les portefeuilles pour promouvoir les objectifs de Lisbonne ».
Si l'engagement de la Commission est de mobiliser les instruments à sa disposition pour parvenir à des connexions Internet à large bande pour tous, le message s'adresse d'abord aux Etats membres. « Si cette politique est soutenue par tous les 25 Etats membres, nous devrions être capables d'arriver à une couverture à bande large de 100% de l'UE d'ici 2010 », a ainsi insisté Viviane Reding. Deux volets d'action principaux sont proposés dans la communication: - renforcer les stratégies nationales en faveur de la large bande, avec des objectifs clairs en fonction des besoins régionaux et en combinant les moyens de financement de l'UE et des Etats membres dans les régions les moins développées ou rurales ; - accélérer l'échange de bonnes pratiques, notamment par la création d'un site web ou l'organisation d'une grande conférence début 2007.
Des études américaines montrent que les régions des Etats-Unis desservies par cette technologie présentent en général un taux d'emploi de 1% supérieur à celles qui ne le sont pas, et un rapport allemand présenté au Ce BIT de Hanovre la semaine dernière estime que l'accès de tous à la bande large générerait 46 milliards d'euros supplémentaires pour l'économie du pays d'ici 2010 et créerait 265.000 nouveaux emplois, note la Commissaire Reding. A l'échelle européenne, les performances s'accélèrent, mais les disparités demeurent. D'abord en termes d'accès pour les zones rurales ou les régions les moins développées de l'UE à 15, où seulement 62% des entreprises et des ménages disposent de l'accès à la large bande contre 90% dans les zones urbaines. Ensuite en termes de taux de pénétration (accès à la large bande par rapport à la population), où l'UE, avec 11,5% en moyenne, est toujours derrière les Etats-Unis (14,5%) ou la Corée du Sud (25,5%). Surtout, la différence entre Etats membres reste préoccupante, avec des taux de pénétration supérieurs à 20% aux Pays-Bas, en Finlande, au Danemark, en Belgique ou en Suède, et inférieurs à 10% en Grèce, en Irlande, en Italie, au Portugal, ou dans les 10 derniers Etats membres (à l'exception de l'Estonie).
Les moyens à mettre en œuvre pour réduire la fracture des technologies à large bande peuvent être européens, mais c'est aux Etats membres de faire le choix d'actions concrètes, souligne Mme Reding. La réglementation européenne en matière de communications ouvre les marchés régionaux et locaux aux fournisseurs de services à larges bandes, mais la faible demande et les particularités géographiques de certaines zones notamment peuvent dissuader les fournisseurs, car le retour sur investissement y est plus aléatoire. Les fonds structurels et le Fonds européen pour le développement rural (70 milliards d'euros entre 2007 et 2013) peuvent contribuer à combler ce manque d'investissement, ainsi que les aides d'Etat, mais uniquement en cas de défaillances du marché, ont rappelé en chœur les quatre Commissaires. « Des marchés ouverts et efficaces sont le meilleur moyen pour tous les Européens d'accéder à la large bande », a constaté Neelie Kroes, qui rappelle toutefois que la Commission a autorisé plusieurs financements publics pour des projets de ce type au Royaume-Uni, en Espagne, en France, en Italie, en Irlande ou en Autriche. En cas d'absence de rentabilité pour les investisseurs, « des aides bien ciblées peuvent être appropriées », précise donc la Commissaire.