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Bulletin Quotidien Europe N° 9141
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La Commission pressée de réagir - Giulio Tremonti rencontre Neelie Kroes et Charlie McCreevy

Bruxelles, 28/02/2006 (Agence Europe) - Les récentes interventions publiques dans les opérations de concentration qui agitent le marché européen de l'énergie suscitent des réactions mitigées. Si, en Italie, on ne décolère pas après la fusion annoncée entre Gaz de France et Suez (EUROPE n° 9140), certains critiquent aussi la position du gouvernement Berlusconi, qui tente de faire pression pour contrer le projet français. Le ministre italien des Finances, Giulio Tremonti, rencontrait mardi après-midi la Commissaire à la concurrence, Neelie Kroes, et doit aborder le sujet mercredi avec le Commissaire chargé du marché intérieur, Charlie McCreevy. Refusant d'évoquer l'affaire tant qu'aucune notification ne lui est parvenue, la Commission se borne à répéter qu'il faut plus de concurrence et une approche intégrée dans le secteur européen de l'énergie.

Une position d'attente peu en phase avec la nouvelle vague de fusions dans le secteur du gaz et de l'électricité, estime le député européen Claude Turmes, Vert luxembourgeois, qui appelle la Commission à réagir au plus vite. Fustigeant dans un communiqué les « réactions de patriotisme économique » des dernières semaines, qui « montrent qu'on ne peut pas laisser les Etats membres seuls face à ces fusions », M. Turmes invite les Commissaires Piebalgs (énergie) et Kroes (concurrence) à « réunir d'urgence les régulateurs et les autorités nationales de la concurrence des 25 pour discuter d'une réponse européenne ». Et de poser la question à laquelle devraient répondre les responsables: qu'est-ce que ces fusions apportent à l'économie en général et, surtout, aux consommateurs ?

« Il faut parler de ce risque de protectionnisme qui monte », a reconnu pour sa part, mardi, le Commissaire Franco Frattini sur les ondes de la radio EUROPE 1, en appelant les Etats membres à être « un peu plus européens et moins nationalistes ». Selon lui, « il faut peut-être se défendre contre des entreprises qui sont d'ailleurs, mais pas en Europe, parce que ça va mettre en cause l'idéal européen du marché intérieur ».

Pour Etienne Davignon en revanche, le rapprochement entre EDF et Suez (dont il est membre du Conseil d'administration) n'est pas purement politique. « C'est d'abord une initiative de deux sociétés pensant qu'elles créent de la valeur pour les actionnaires, de la stabilité, des garanties d'emploi et de services », a déclaré l'ancien Commissaire européen dans un entretien au quotidien belge Le Soir. « Il est certain que l'intervention d'Enel a amené le gouvernement français à réfléchir à cette question avec une plus grande urgence », mais un rapprochement était envisagé avant l'annonce de l'intérêt d'Enel pour Suez, indique M. Davignon. Si des considérations nationales ont pu entrer en ligne de compte, elles ne sont intervenues que « pour accélérer un processus économiquement justifié pas pour l'inventer ». L'opération devrait entraîner la cession d'actifs de Gaz de France en Belgique, car le nouveau groupe devrait disposer de 99% de parts de marché dans la production d'électricité du pays. A SPE (Société de production d'électricité, belge), qui est détenue à 51% par Gaz de France et représente 8% du marché belge d'électricité, s'ajoute la position d'Electrabel, la filiale du groupe Suez qui détient 91% du marché belge, constate M. Davignon, qui note: « il faudra donc vendre la participation dans SPE », et « il y aura des amateurs ».

L'élu européen des Democratici di Sinistra Gianni Pittella, tout en reprochant à la France de mener une politique qui « vise la renationalisation de l'économie plutôt que l'intégration et la libéralisation du marché européen des capitaux », et en demandant donc à la Commissaire Kroes d'évaluer attentivement cette opération, affirme dans un communiqué: le gouvernement italien, « au lieu de menacer d'inutiles « représailles » (…) , a le devoir de nous expliquer pourquoi il n'a pas œuvré pour la transposition de la directive communautaire sur les OPA » (rappelons que les États membres ont jusqu'au 20 mai pour transposer ce texte au travers de règles plus détaillées, qui visent à établir des lignes directrices minimales pour la conduite des OPA sur des sociétés régies par le droit des États membres: EUROPE n° 8677).

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