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Bulletin Quotidien Europe N° 9141
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JOURNEE POLITIQUE / (eu) pe/caucase du sud

L'UE veut développer sa politique de voisinage avec le Caucase du Sud, une zone à « haute importance stratégique », souligne Elmar Brok - Marie Anne Isler Béguin plaide pour la fin de conflits qui durent depuis vingt ans

Bruxelles, 28/02/2006 (Agence Europe) - « L'importance de la région du Sud Caucase continue de croître, surtout depuis l'élargissement de mai 2004, et elle sera encore plus grande après l'adhésion de la Roumanie et la Bulgarie », a affirmé Elmar Brok (CDU), président de la commission des Affaires étrangères du Parlement européen, lors d'une audition publique organisée le 22 février à Bruxelles sur le rôle de l'UE dans cette région. « La crise du gaz (entre la Russie et l'Ukraine en janvier dernier) et la question de l'approvisionnement énergétique placent cette région dans une situation particulière pour l'UE: elle a une haute importance stratégique », a rappelé M. Brok.

Depuis 2004, trois pays du Caucase du Sud - Géorgie, Arménie, Azerbaïdjan - ont été accueillis dans la politique de voisinage de l'Union. Les négociations sur les plans d'action respectifs - principaux outils de cette politique - ne sont pas encore terminées, mais l'UE tente de contribuer à la stabilité dans la région et à l'apaisement des conflits, deux facteurs indispensables pour un rapprochement plus poussé de ces pays à l'UE. Pour que notre action soit couronnée de succès, estime le Finlandais Heikki Talvitie, représentant spécial sortant de l'Union européenne dans le Caucase du Sud (il est remplacé à partir du 1er mars par le Suédois Peter Semneby : voir EUROPE n° 9136), « il faut d'abord se demander comment renforcer l'identité européenne dans ces pays ». L'UE soutient les efforts des différentes parties pour résoudre les conflits - entre la Géorgie et l'Abkhazie, la Géorgie et l'Ossétie du Sud, l'Arménie et l'Azerbaïdjan - mais « c'est aux autorités de ces pays d'assumer leurs responsabilités », insiste
M. Talvitie. Et il ajoute: « Il est trop tôt pour dire aujourd'hui quelles mesures concrètes l'UE peut prendre, mais, s'il le faut, nous sommes prêts à participer à une grande Conférence et à mettre en place une Force de maintien de la paix dans la région ». La verte française Marie Anne Isler Béguin, présidente de la délégation UE-Arménie, UE-Géorgie et UE-Azerbaïdjan, note que ces trois conflits durent depuis vingt ans, mais que « aujourd'hui, nous sommes obligés de nous y intéresser car ces pays sont devenus nos voisins. Ce serait irresponsable de ne pas nous investir. Grâce à la politique de voisinage, la Commission a désormais la possibilité d'être présente ».

Kurt Juul, chef d'unité pour le Caucase du Sud et l'Asie centrale à la Commission européenne, estime pour sa part que la situation dans le Caucase du Sud a évolué dans un sens positif par rapport à il y a trois ans. A l'époque, la Commission avait dû interrompre sa coopération avec la Géorgie pour des raisons de sécurité de ses représentants sur place. Aujourd'hui, la coopération a repris, l'UE a un représentant spécial dans la région et elle a mis en place une politique de voisinage avec ces Etats. « Il faut un plan d'action sur mesure pour chacun des trois pays. C'est le cœur de notre travail pratique sur le terrain », souligne M. Juul, en précisant: « il ne s'agit pas des programmes d'assistance (…) ni d'accords internationaux. C'est un engagement pris entre l'UE et les pays concernés sur toute une série de questions », comme les réformes politiques (dont le problème de la corruption), les réformes économiques, le respect des droits de l'Homme, la question de la pauvreté, etc. « La politique de voisinage est l'occasion de traiter des problèmes de manière directe et ciblée », explique le représentant de la Commission, et
« c'est aussi un moyen pour ces pays de se rapprocher de nos systèmes et de nos valeurs », sans aller jusqu'à l'adhésion à l'UE. Après tout, demande M. Juul, « la politique de voisinage de l'UE fonctionne bien avec la Moldova et l'Ukraine, pourquoi ce ne serait pas le cas avec le Caucase Sud ? ».

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