Bruxelles, 28/02/2006 (Agence Europe) - Députés, experts et universitaires de l'UE ont débattu sur le thème « L'Union européenne et le recours à la force: critères d'intervention », lors d'une audition publique organisée le 23 février par la sous-commission défense et sécurité du Parlement européen. Le représentant de la Présidence autrichienne, Franz Cede, a constaté combien le contexte international a changé depuis la création des Nations unies, et a estimé que l'envoi d'une force militaire de l'Union européenne, aujourd'hui, « ne requiert aucun mandat explicite de l'ONU ». Le chercheur italien Stefano Silvestri a évoqué l'usage préventif de la force militaire, en affirmant: « l'idée d'attendre qu'une crise éclate est suicidaire et aboutirait à un usage plus fréquent, moins contrôlé et moins efficace de la force ». L'action militaire préventive ne peut être déclenchée qu'à l'invitation des parties en cause, a rappelé de son côté Jamie Shea, directeur de l'unité de la planification politique au cabinet du secrétaire général de l'OTAN. Pour Johannes Becker, du Centre d'Etudes sur les conflits, l'intervention militaire « n'a jamais fourni une solution à long terme aux problèmes mondiaux ». Il a appelé l'UE à devenir « un exemple éclatant pour le monde de saine politique dans les domaines de l'environnement, du commerce et de développement ». Le président de la sous-commission parlementaire, le chrétien-démocrate allemand Karl von Wogau a, une fois de plus, déploré l'absence de contrôle du Parlement européen sur les décisions en matière de politique européenne de défense. Le Parlement pourrait débattre des critères d'intervention militaire de l'UE, lors d'une de ses sessions plénières de mars, et adopter une résolution, a estimé M. von Wogau, en espérant que le Parlement se prononcera sur ce point avant que l'UE ne décide d'envoyer une mission en République démocratique du Congo. (Source: notre publication Nouvelles Atlantiques).