Bruxelles, 29/12/2005 (Agence Europe) - Dans une interview à la Frankfurter Allgemeine Zeitung du 29 décembre, la ministre autrichienne des Affaires étrangères Ursula Plassnik, qui préside à partir du 1er janvier 2006 le Conseil de l'UE, annonce qu'elle se rendra le 10 janvier à Paris et le 11 janvier à La Haye (le 9 janvier, la Présidence reçoit la Commission Barroso à Vienne). Interrogée sur la Constitution européenne, Mme Plassnik rappelle que la Présidence autrichienne doit « évaluer les débats nationaux à ce sujet et proposer comment ça devrait continuer ». « Nous nous efforcerons de développer une chorégraphie commune », indique-t-elle en reprenant l'expression utilisée devant la presse à Bruxelles (EUROPE N.9093). Peut-on s'attendre à un nouveau débat sur le noyau dur, après le livre que vient de publier Guy Verhofstadt ? « Cela ne m'étonnerait pas qu'on en vienne là », admet la ministre tout en avertissant: « Personnellement, je ne vois pas en quoi de telles propositions pourraient apporter une solution (…). La conscience d'appartenir à une Europe unie à 25 est précieuse. (…) Les règles actuelles offrent suffisamment de marge (…) pour des modèles d'intégration différenciée ». Mme Plassnik, en tout cas, est soulagée de l'accord sur les perspectives financières, même si la tache qui attend la présidence n'est pas facile. Au Sommet, la protagoniste a été Angela Merkel, reconnaît Mme Plassnik, en expliquant: elle s'est comportée comme une personne qui n'a pas peur de « la complexité », elle a « donné à tout le monde, grands et petits (…) l'impression qu'elle s'efforçait de trouver une solution (…). Elle a proposé un chiffre de 1,045%, et finalement, c'était ça ».
Dans une interview au Soir du 27 décembre, le Premier ministre luxembourgeois Jean-Claude Juncker s'exprime dans le même sens à propos de la chancelière allemande: « Elle ne s'est pas ménagée. J'étais présent lors de ses entretiens avec Chirac et je n'ai jamais eu l'impression qu'elle serait prête à quitter le camp franco-allemand. Mais elle a su aussi associer avec talent et énergie d'autres Etats. (…) La cordée franco-allemande reste indispensable, mais pas suffisamment forte pour être la seule ; d'autres alliances doivent se faire ou rester solides, comme celle entre la Belgique et le Luxembourg». Quant à la Constitution, M. Juncker dit: « Examinons quelles parties peuvent être appliquées par anticipation. Pour autant que cela ne signifie pas la mort du traité. Car je n'abandonne pas la vision constitutionnelle de l'Europe ». Et il propose d'appliquer par anticipation la disposition de la Constitution selon laquelle un tiers des parlements nationaux, s'il considère que « la Commission déborde, peut l'obliger à revoir sa copie ». Cela prouverait que l'Europe « fait ce qui relève de ses compétences », estime-t-il, en exhortant: « inspirons-nous du catalogue de compétences retenu par le traité constitutionnel ». Dans une autre interview, à la Libre Belgique du 29 décembre, M. Juncker avoue ne pas aimer a priori l'idée d'un noyau dur, mais précise: si dans quelques années il s'avérera que « sur certaines ambitions, un certain nombre d'Etats (…) ne peuvent ou ne veulent pas suivre l'élan (…) de ceux qui ont le plus d'ambition, mon deuxième meilleur choix serait le noyau dur ».