Bruxelles, 07/10/2005 (Agence Europe) - Dans une interview pour Le Monde, le président de la Commission européenne José Manuel Barroso est revenu sur les critiques du président français Jacques Chirac à l'égard de la Commission dans le cadre de l'affaire Hewlett-Packard (voir EUROPE d'hier, p.13) pour souligner que « la Commission a toujours défendu les intérêts de l'Europe (…) mais nous agissons dans le cadre des compétences qui sont les nôtres ». Et M. Barroso d'ajouter: « Je crois qu'il existe une éthique de la responsabilité européenne qui nous oblige à expliquer aux citoyens ce que chacun peut faire, et j'appelle les hommes politiques à respecter cette éthique. Nous avons tous le devoir de ne pas couper la branche sur laquelle nous sommes assis, de ne pas nous attaquer aux institutions européennes, car l'Europe est plus que jamais nécessaire ». A propos de la Constitution européenne, M. Barroso a réitéré que, selon lui, « nous n'aurons pas de Constitution dans les deux ou trois ans à venir. Je le regrette », mais que cela n'empêche pas l'UE « d'exercer la plénitude de ses compétences ». Le Sommet européen informel de Hampton Court (27/28 octobre) devra permettre d'avoir un débat sur le modèle social tout en évitant une compétition entre les différents modèles en présence. « Cet affrontement serait stérile et contre-productif », estime M. Barroso. Il sera primordial de parvenir à un accord sur les perspectives financières 2007-2013 le plus rapidement possible, encore avant la fin de l'année. « La présidence britannique va être jugée là-dessus », estime M. Barroso. « Il faut que Tony Blair consacre toute son énergie à trouver un accord avant la fin de l'année. Un nouvel échec serait un signal très négatif pour la confiance en l'Europe ». A propos de la Turquie, M. Barroso a rappelé que « l'ouverture des négociations ne signifie pas l'adhésion ». « Les gouvernements ont pris la bonne décision. Maintenant, c'est à la Turquie aussi de démontrer qu'elle sera vraiment en position de remplir les critères », a-t-il estimé.