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Bulletin Quotidien Europe N° 9034
JOURNEE POLITIQUE / (eu) ue/colombie

Un éventuel soutien communautaire au plan du gouvernement colombien de démobilisation des paramilitaires inquiète les Verts et Amnesty international

Bruxelles, 23/09/2005 (Agence Europe) - La Colombie souffre depuis des années d'un conflit armé sans fin, nié par son gouvernement, qui a fait plus de 6000 morts par an. A la suite d'un accord avec les paramilitaires, acteurs majeurs du conflit, la loi « Justice et paix » préparée et adoptée cette année par le gouvernement du président Alvaro Uribe dans le cadre de sa « politique de sécurité démocratique » permet aux paramilitaires démobilisés de bénéficier d'un programme de réintégration subventionné et les préserve de toute poursuite pour les crimes commis mis en exergue notamment dans un récent rapport de la Commission internationale de juristes (ICJ). Ce rapport, présenté le 21 septembre à des députés européens par le secrétaire général du ICJ, Francisco Andreu Gusman, avec l'élu européen Alain Lipietz (Vert, français), dénonce le démantèlement de l'Etat de droit, la militarisation de l'Etat et de l'appareil judiciaire colombiens et les violations des droits de l'Homme résultant de la politique du gouvernement Uribe depuis trois ans. Le rapport affirme en outre que, dans le cadre du processus de démobilisation des paramilitaires colombiens, la loi « Justice et paix » mène à l'impunité de milliers de crimes perpétrés par des groupes paramilitaires et ne garantit ni les droits à la justice des victimes, ni les réparations et renforce au contraire le pouvoir économique et politique des paramilitaires.

Le gouvernement colombien mène actuellement une campagne pour obtenir l'appui de la communauté internationale, notamment de l'Union européenne, à sa politique de démobilisation des paramilitaires. C'est dans ce contexte que le vice-président colombien, Francisco Santos est venu, à l'invitation du groupe PPE-DE, défendre la loi « Justice et Paix » au Parlement européen le 22 septembre. Le même jour, M. Santos a rencontré la Commissaire aux Relations extérieures, Benita Ferrero-Waldner, pour essayer d'obtenir un soutien technique et financier de la Commission à la politique du gouvernement colombien. Une source proche du dossier au sein du cabinet de Mme Ferrero-Waldner a précisé à EUROPE que la Commission n'est pas en mesure de prendre position sur cette question tant que le Conseil n'a pas pris de décision. La loi « Justice et paix » et le soutien éventuel (politique et financier) de l'Union en effet, sont actuellement en discussion au Conseil. Le Conseil Affaires générales et Relations extérieures du 3 octobre prochain pourrait, dans ses conclusions, donner son aval au soutien politique et/ou financier de la politique du gouvernement Uribe.

Un éventuel soutien de l'Union à la politique ambiguë du gouvernement colombien inquiète les organisations de défense des droits de l'Homme, notamment Amnesty International (EUROPE n° 9032), mais aussi, au Parlement, le groupe des Verts. « Nous sommes profondément préoccupés par la loi « Justice et paix » qui vise à amnistier les paramilitaires pour l'ensemble de leurs crimes tels que torture et assassinats, narcotrafic, enlèvements, prostitution forcée (…) en leur assurant une totale impunité. Nous lançons un appel urgent au Conseil afin qu'il ne soutienne ni politiquement ni financièrement un processus de démobilisation contraire aux principes internationaux du droit humanitaire et qui, de surcroît, permettrait la poursuite des activités criminelles », a déclaré Alain Lipietz mercredi à la presse. « Tout défenseur des droits de l'Homme doit se prononcer fermement contre cette loi déclarée contraire aux normes internationales tant par les Nations unies que par l'Organisation des Etats Américains (OEA) », estime pour sa part la verte française Hélène Flautre, présidente de la sous-commission du Parlement européen pour les droits de l'Homme, dans un communiqué. Reste à savoir si l'Union et le Conseil entendront l'appel lancé par les Verts et les organisations de défense des droits de l'Homme. Le secrétaire général de l'ICJ affirmait mercredi que, en assimilant son action à la lutte contre le terrorisme, le gouvernement Uribe parvient à convaincre la communauté internationale.

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