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Bulletin Quotidien Europe N° 9030
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INFORMATIONS GENERALES / (eu) ue/etats-unis/agriculture

Réactions mitigées à l'accord bilatéral sur le commerce des vins

Bruxelles, 19/09/2005 (Agence Europe) - Les réactions au nouvel accord signé entre l'Union européenne et les Etats-Unis sur le commerce des vins sont mitigées (EUROPE n° 9028). Elles sont plutôt bonnes du côté des gouvernements et de la Commission européenne et plutôt mauvaises du côté des producteurs européens.

L'Assemblée des régions européennes viticoles (AREV) « récuse » ainsi l'accord bilatéral sur le commerce des vins, demande instamment aux ministres de l'Agriculture des Etats membres de l'UE de rejeter ce paquet et invite la La Commission à reprendre les négociations avec les Américains. Selon l'association de régions européennes productrices de vin, qui a pour tâche de promouvoir les intérêts communs des régions viticoles dans l'économie européenne et mondiale, la reconnaissance mutuelle et réciproque de toutes les pratiques œnologiques fixées par les parties contractantes « interdira à l'avenir à l'UE toute possibilité d'influer sur les pratiques d'élaboration des vins en provenance des pays tiers vendus dans l'UE ». Les pratiques œnologiques traditionnelles, qui font partie intégrante de la culture vitivinicole européenne, seront « remises en question », avertit l'AREV, qui estime que cet accord entraînera des préjudices économiques pour les producteurs européens. Selon l'organisation, l'accord « remet pour la première fois en question » le rôle de l'Organisation internationale de la vigne et du vin (OIV) en matière de définition des pratiques œnologiques admises. A l'avenir, l'UE pourra difficilement refuser à d'autres pays tiers les concessions faites aux Etats-Unis, prétend l'AREV. « La reconnaissance réciproque des pratiques œnologiques admises dans chaque pays deviendra ainsi monnaie courante dans le commerce mondial et portera un grave préjudice aux viticulteurs européens ». De plus, l'AREV affirme que l'UE fait aux Etats-Unis d'énormes concessions en matière d'utilisation des appellations européennes protégées, « concessions qui sont préjudiciables et inacceptables, en raison du précédent qu'elles constituent ».

Les Américains ont obtenu la reconnaissance pour leurs propres vins de certaines pratiques oenologiques comme l'utilisation de copeaux de bois et le « mouillage » à l'eau. « On s'est fait rouler dans la farine en cédant aux pressions des Américains qui faisaient planer des menaces de rétorsion économique », a déclaré à l'AFP le Français Xavier Carreau, PDG de la société Bayle-Carreau et ancien président du CIVB (Comité interprofessionnel des vins de Bordeaux).

Les exportateurs français, au contraire, se sentent soulagés. La Fédération (française) des exportateurs de vins et spiritueux (FEVS) souligne, dans un communiqué, que l'accord permet « de sécuriser nos exportations vers les Etats-Unis, premier marché pour nos exportations en valeur » (1,6 milliard d'euros en 2004, soit 21% de l'ensemble des exportations françaises de vins, champagne et spiritueux). En effet, faute d'accord avec l'UE, les Etats-Unis avaient menacé les pays de l'UE de les obliger à faire analyser les produits de chaque expédition et de devoir annexer un certificat pour chaque envoi prouvant que les vins étaient conformes aux pratiques oenologiques américaines. Les premiers menacés étaient les producteurs de Beaujolais nouveau en novembre prochain.

Du côté politique, la satisfaction prédomine. « Cet accord est positif à la fois pour les producteurs américains et européens car il contribue à établir des conditions prévisibles pour le commerce bilatéral du vin », a estimé jeudi le représentant américain pour le Commerce, Rob Portman. Mariann Fischer Boel, la Commissaire à l'Agriculture, a affirmé que « l'arrangement auquel nous sommes parvenus lèvera l'incertitude juridique qui a pesé sur le commerce du vin pendant plusieurs années et il profitera aux producteurs de part et d'autre de l'Atlantique ». Lors de la présentation par la Commission du projet d'accord devant le Comité spécial Agriculture (CSA), la France, l'Espagne, l'Italie, l'Allemagne, la Grèce et le Portugal ont déclaré que ces arrangements étaient les moins mauvais possible, sachant que l'UE avait besoin de boucler ce dossier avant la fin de l'année.

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