Bruxelles, 19/07/2005 (Agence Europe) - Le Conseil « Relations extérieures » s'est dit lundi « profondément préoccupé » par la situation au Zimbawe et a vivement condamné la démolition de maisons dans des quartiers pauvres du pays (« opération Murambatsvina ») qui ont fait au moins 300.000 sans abri. Le gouvernement de Robert Mugabe a expliqué que l'objectif de cette opération était de réduire la criminalité et les diverses activités illégales et non pas, comme le pensent la plupart des observateurs, de prendre pour cible les partisans de l'opposition qui vivent majoritairement dans ces quartiers pauvres. Les ministres européens des Affaires étrangères ont adopté lundi des conclusions exhortant le Zimbabwe à fournir un abri aux personnes ayant perdu leur logement et leur commerce et demandant que le personnel humanitaire soit autorisé à entrer en contact avec les sinistrés nécessitant une aide. Le Conseil regrette que le gouvernement de Zimbabwe n'ait pas choisi de s'attaquer aux véritables racines de la crise actuelle dans le pays. Les ministres se sont aussi félicités de l'envoi sur place de deux envoyés spéciaux: l'un de l'ONU, Anna Tibaijuka, et l'autre de l'Union Africaine, Tom Nyanduga. Le Conseil a aussi rappelé la position commune de l'UE (2005/444/PESC) du 13 juin dernier et a réitéré sa décision de 2002 sur les sanctions à l'égard des membres du gouvernement et des responsables des violations des droits de l'Homme et des principes démocratiques. Ces sanctions interdisent la délivrance de visas de l'UE aux membres du gouvernement, la fourniture d'armes au Zimbabwe, le gel des avoirs des personnes accusées d'atteintes aux droits de l'homme et l'interdiction du territoire de l'UE à ces personnes. Lundi, la ministre suédoise des Affaires étrangères, Laila Freivalds, a déclaré que ces sanctions pourraient être élargies. Le ministre britannique des Affaires étrangères et actuel président du Conseil, Jack Straw, a déclaré à la presse que les ministres européens invitaient l'Union africaine à faire pression sur Mugabe « pour mettre fin aux souffrances de la population du Zimbabwe ».