Bruxelles, 19/07/2005 (Agence Europe) - La commission des droits de la femme et de l'égalité des genres du Parlement européen a adopté le 14 juillet, par 21 voix pour, 2 contre et 5 absentions, le rapport d'initiative élaboré par Eva-Britt Svensson (GUE/NGL, Suède), relatif aux discriminations envers les femmes dans les services médicaux et de santé. Ce rapport met en lumière que le facteur genre revêt autant d'importance que les données économiques, sociales et l'appartenance ethnique, et que les conséquences sur la santé peuvent être considérables.
La démarche de la commission parlementaire vise tout d'abord à sensibiliser les professionnels de la santé sur l'importance du genre dans la manière dont les symptômes sont interprétés et le traitement proposé. La santé des femmes est encore trop souvent synonyme de santé génésique ou sexuelle, c'est pourquoi les députés proposent d'inclure dans la formation du personnel médical un volet concernant les disparités entre les genres, et de leur donner notamment les moyens de déceler et de soutenir les femmes victimes de violences. Si les patientes sont interrogées sur leur consommation de tabac, on ne leur demande pas toujours si elles sont victimes de violence, alors que c'est une cause de mortalité plus importante, parmi les 15-44 ans, que le cancer, la malaria ou les accidents de la route. Selon une étude de l'OMS (Violence against Women), une femme sur cinq au moins, à l'échelle mondiale, a été victime de violences physiques ou morales. La commission parlementaire propose que les politiques et les programmes communautaires donnent la priorité à la prévention des mutilations génitales des jeunes filles et à la poursuite pénale de ceux qui la pratiquent.
Le rapport révèle ensuite des inégalités en termes de traitement, de prescription et de coûts pour des hommes et des femmes atteints de maladies identiques ou similaires, en se référant à une étude réalisée dans un hôpital de Stockholm. Si les femmes bénéficiaient du même niveau de traitement que les hommes, les ressources qui leur seraient consacrées augmenteraient de 61%, un chiffre considérable quand on pense notamment au fait que la majorité de la population âgée est composée de femmes. A l'inverse, si le niveau de traitements dont bénéficient les femmes était la norme, les coûts de traitements seraient réduits de 33% (Osika, Ingrid, « Un exemple concret d'égalité en matière de soins », Université de Linköping).
Le rapport se penche également sur les maladies qui affectent presque exclusivement les femmes et pour lesquelles certaines techniques de prévention particulièrement efficaces devraient davantage être utilisées. Il préconise par exemple que les Etats membres prévoient, pour toutes les femmes âgées de 50 à 69 ans, une mammographie tous les deux ans. Pour le moment, seuls neuf d'entre eux (Belgique, Finlande, France, Espagne, Luxembourg, Pays-Bas, Suède, Hongrie et Royaume-Uni) l'utilisent à grande échelle, comme le préconisent les lignes directrices de l'UE. Les Etats membres devraient également faire des efforts d'information et d'accès aux examens concernant l'ostéoporose, considérée aujourd'hui comme un problème de santé publique.
Finalement, le rapport invite les Etats membres à utiliser des statistiques et des données différenciées par sexe, et les institutions de l'UE à se doter d'indicateurs communs leur permettant de mesurer et de comparer les disparités pour tous les soins médicaux et de santé.
La ministre britannique pour les droits de la Femme et l'Egalité, Meg Munn, a assuré la commission parlementaire que ce rapport fera partie des priorités du programme de travail de la Présidence britannique. La présidence organisera également un séminaire sur le thème « Combattre les inégalités dans le domaine de la santé », qui abordera plusieurs questions soulevées par les députés.